Parrainage de réfugiés - Pour aider des syndicalistes à échapper à la persécution ou à la mort

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Sandra Cordero, une dirigeante du Syndicat des travailleurs et des travailleuses de la téléphonie en Colombie, et sa famille ont porté la bannière de solidarité qu’ils ont peinte eux-mêmes pour le défilé de la Fête du travail 2002 à Toronto.

Sandra Cordero, une dirigeante du Syndicat des travailleurs et des travailleuses de la téléphonie en Colombie, et sa famille ont porté la bannière de solidarité qu’ils ont peinte eux-mêmes pour le défilé de la Fête du travail 2002 à Toronto.

Les membres de la FTQ seront bientôt invités à soutenir l’accueil de réfugiés, à apporter à de nouveaux venus un appui moral à leur arrivée chez nous. La FTQ est confiante de pouvoir répondre à cet engagement grâce à la solidarité de ses membres.

Comme l’a annoncé un bref article de notre édition du Monde ouvrier de mai-juin 2003, la FTQ avait déjà souscrit à l’entente de parrainage signée entre le Congrès du travail du Canada (CTC) et le gouvernement fédéral en vertu du programme programme de détermination du statut de réfugié. Ce programme a pour but d’aider des leaders syndicaux de certains pays à échapper à la persécution ou à la mort et de venir en aide à ceux qui peuvent s’établir au Canada pour y refaire leur vie de façon permanente.

Avec le soutien du CTC, la FTQ doit maintenant réfléchir à une politique d’accueil et d’accompagnement ; établir une liste de personnes-ressources impliquant les syndicats affiliés ; dresser une liste des ressources matérielles disponibles. Bref, nous devons nous organiser pour être le mieux préparés possibles lorsque arrivera notre premier réfugié.

Il était temps !
Il y a vingt-cinq ans, le parrainage était surtout l’affaire du clergé. Les moyens financiers ne manquaient pas pour organiser la prise en charge de l’immigration humanitaire. Et, à l’époque, les familles impliquées consacraient plusieurs heures par semaine à socialiser avec de nouveaux arrivants, à leur enseigner bénévolement la langue, à leur indiquer comment faire l’épicerie, à leur faire visiter des lieux qu’ils auraient à fréquenter régulièrement.

Mais, comme le dit Nathalie Blais, une responsable du programme de parrainage à l’archevêché de Montréal : « Tout a changé et ça nous prend absolument une nouvelle vision et des moyens de faire participer de nouveaux acteurs. » D’abord, l’Église s’est appauvrie et plusieurs bâtiments sont à vendre ou ont été vendus. De plus, les femmes – qui jouaient un rôle prépondérant dans l’accompagnement et l’accueil des nouveaux arrivants – sont progressivement entrées sur le marché du travail et disposent de moins de temps à consacrer à cette cause. Et les organismes d’accueil manquent de ressources. Une situation paradoxale dans une société devenue plus riche… mais probablement plus individualiste.

La FTQ adhère donc au programme à un moment où le Québec en a grandement besoin. Cette adhésion reflète non seulement le souci de solidarité de la centrale à l’égard des syndicalistes des pays tiers. Elle témoigne du même coup de la tradition humanitaire de la société québécoise.