Ouvert sur le monde - Code de conduite international pour investir sans exploiter

« À long terme, ce code de conduite à l’international est une bonne manière d’aider les travailleurs des pays en développement à améliorer leur niveau de vie. »

« À long terme, ce code de conduite à l’international est une bonne manière d’aider les travailleurs des pays en développement à améliorer leur niveau de vie. »

Le Fonds de solidarité FTQ dispose d’un code de conduite pour ses investissements internationaux. En gros, ce code de conduite a pour but de s’assurer que les travailleuses et les travailleurs des pays en développement puissent gagner leur vie dignement.

Des enfants forcés de travailler, des femmes enfermées dans des usines et privées de leur passeport pour éviter qu’elles s’en aillent, des travailleurs frappés à coups de bâton : les mouvements qui contestent la mondialisation économique sauvage ont largement diffusé ces conditions de travail dans plusieurs pays en développement. Or, personne ne veut de ce genre d’investissement dans ses REER !

Il est tout naturel que le Fonds se soit intéressé à cette question puisqu’il investit, à travers son réseau d’entreprises partenaires, au plan international – avec la volonté qu’un dollar investi là-bas en rapporte deux ici, et ce, tout en assurant un développement décent dans les pays du Sud.

Le Fonds, un des premiers

Voilà pourquoi, le Fonds a adopté, en décembre dernier, un code de conduite à l’international. Il est un des tout premiers fonds d’investissement privés à élaborer de telles règles éthiques. « Il s’agit d’un ensemble de normes précises que nos partenaires s’engagent à respecter pour leurs entreprises et leurs sous-traitants dans les pays où nous sommes engagés à l’international », explique Gilles Audette, directeur des Relations avec les travailleurs en entreprise. Lutte contre la corruption, droits de la personne, conditions de travail décentes, liberté d’association, intégrité des personnes, développement des communautés locales, protection des enfants, rémunérations justes, le document d’une quinzaine de pages fait désormais partie des ententes que le Fonds signe avec ses partenaires d’affaires qui sous-traitent leur production dans des domaines à risques – qu’on pense par exemple au secteur du jouet ou de la fabrication de vêtements bon marché.

« Nous nous impliquons dans les pays du Sud avec la philosophie du Fonds, qui est inspirée des valeurs syndicales, et avec l’intention que notre engagement rapporte aussi aux
travailleurs des entreprises du Sud », explique Gilles Audette.

Des vérificateurs de confiance

Encore faut-il être en mesure de vérifier que les partenaires du Fonds sont effectivement de « bons citoyens corporatifs de la planète » et pas seulement en paroles, mais en actes aussi. Le Fonds a donc désigné deux entreprises de vérification extérieures avec lesquelles il se sent très en confiance et qui seront chargées de contrôler l’application du code de conduite. Ce suivi ne sera pas seulement formel : les entreprises de contrôle rencontreront aussi des dizaines d’employés, dans une grande discrétion, pour connaître les conditions de travail réelles dans l’entreprise et s’assurer que tout est conforme au code de conduite international. Nous sonderons également les organisations non gouvernementales, les syndicats locaux, les groupes d’intervention, pour que nous soyons sûrs que les investissements du Fonds contribuent au développement éthique et durable.

« Avec ce code de conduite international, nous sommes assez avant-gardistes, confirme Gilles Audette. À long terme, c’est une très bonne manière d’aider les pays en développement à améliorer leur niveau de vie et celui des travailleurs. »