« Nous devons enfoncer le clou sur la deuxième et la troisième transformation dans la région » - René Roy, secrétaire général de la FTQ

Rouyn-Noranda, le 31 octobre 2001 – « La FTQ est très consciente de la fragilité de certains secteurs comme les mines, soumises aux aléas des cours des métaux sur les grandes places boursières mondiales et à la spéculation ou encore le secteur de la forêt, frappé de plein fouet par la surtaxe américaine sur le bois d’œuvre.

« Nous devons, ici comme dans d’autres régions, enfoncer le clou sur la nécessaire deuxième et la troisième transformation de nos matières premières. Nous devons également susciter et encourager la recherche et développement pour garder nos cerveaux dans la région et enrayer l’exode des jeunes vers les grands centres », a déclaré M. René Roy, secrétaire général de la FTQ, à l’occasion de son passage à Rouyn-Noranda, dans le cadre de la tournée pré-congrès des dirigeants de la centrale.

Vers un syndicalisme sans frontières
Le congrès de la plus importante centrale syndicale québécoise, comptant plus d’un demi-million de membres, se tiendra du 26 au 30 novembre prochain, à Québec, sous le thème « Vers un syndicalisme sans frontières ». Quelque 1 200 délégués y sont attendus pour débattre notamment des effets de la mondialisation au quotidien, dans leurs milieux de travail, et dégager des pistes de solution concrètes face aux injustices sociales et aux iniquités engendrées par une certaine conception de l’économie qui évacuerait toute idée de justice sociale.

Nous devons revoir nos façons de faire syndicales
« Des individus, des groupes de travailleurs peuvent faire les frais d’une mondialisation qui se soucierait peu de partage de la richesse ou de normes sociales et de travail décentes. Des régions entières peuvent également en faire les frais si le mouvement syndical et les groupes progressistes n’ont pas voix au chapitre dans les discussions sur les grands accords d’échange multilatéraux.

« L’Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec, comme d’autres régions au taux de chômage anormalement élevé, mérite qu’on se mêle de ces discussions, de concert avec nos consœurs et confrères syndicalistes des Amériques, d’Europe, d’Asie et d’Afrique. Avec la mondialisation qui se pose déjà comme une réalité avec laquelle il nous faut composer, nous devons revoir nos façons de faire syndicales, tisser des liens de plus en plus serrés, notamment sous l’égide de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) », a souligné le secrétaire général de la FTQ pour qui le prochain congrès de la FTQ constituera une tribune privilégiée pour faire avancer ce débat.

Outre les débats sur les effets de la mondialisation sur les travailleuses et les travailleurs, sur leurs milieux de travail et leurs organisations, le congrès de la FTQ fera une place importante aux questions de l’intégration des jeunes dans les milieux de travail et les structures syndicales, de gestion des caisses de retraite, d’investissement éthique.

L’équité salariale le 21 novembre!
Autre dossier chaud qui s’impose tant par les énergies investies par les travailleuses et les travailleurs de la FTQ pour son aboutissement que par la date butoir du 21 novembre 2001, l’équité salariale, la mise en place de programmes qui rendent justice aux travailleuses discriminées, ne souffriront aucun report pour la FTQ.

« La FTQ et ses syndicats affiliés sont prêts à mettre la main à la pâte pour aider les entreprises de bonne foi à atteindre les objectifs fixés par la Loi sur l’équité salariale dans les délais prescrits. Mais nous n’accepterons sûrement pas de voir des entreprises ou organismes tenter de passer entre les mailles du filet », a conclu M. Roy, faisant référence aux 150 entreprises et organismes qui se sont prévalus du chapitre IX de la loi permettant à un employeur de déposer un rapport à la Commission de l’équité salariale sans que le syndicat ne soit consulté sur sa teneur ou son acceptation.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres, dont près de 15 000 dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec.