« Nous croyons que l’absence de propositions d’actions concrètes nous a empêchés de faire les vrais débats » – René Roy, secrétaire général de la FTQ

La FTQ sort déçue du Sommet sur l’avenir du secteur forestier

Le secrétaire général de la FTQ, René Roy et le vice-président du SCEP Québec, Renaud Gagné au sommet de la forêt

Le secrétaire général de la FTQ, René Roy et le vice-président du SCEP Québec, Renaud Gagné au sommet de la forêt

Québec, mercredi le 12 décembre 2007 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) sort déçue à l’issue du Sommet sur l’avenir du secteur forestier québécois. La centrale, qui regroupe plus de 80 % de l’ensemble des travailleurs de ce secteur, estime que l’absence de propositions de solutions concrètes a éludé les vrais débats sur la situation vécue par les travailleurs sur le terrain.

« Non pas que l’exercice ait été complètement inutile, mais nous croyons que les attentes sur le terrain sont concentrées sur des actions concrètes, sur les conditions de travail des travailleurs de la forêt, sur le sort des communautés confrontées à des mises à pied massives, sur un véritable accès à la syndicalisation des travailleurs sylvicoles et forestiers effectuant le travail.

« On sort de ce Sommet aussi inquiets que nous l’étions en y arrivant. Le secteur est en crise et quand le feu est pris dans la maison on ne discute pas de la couleur des murs », a fait valoir le secrétaire général de la FTQ, René Roy.

Les vraies décisions se prennent ailleurs qu’au Sommet

La FTQ a salué le consensus des intervenants pour la mise en place d’un programme d’aide conséquent pour les travailleurs âgés de même que la demande unanime pour une intervention du fédéral.

« Nous savons tous que les décisions se prennent dans les officines gouvernementales et pour l’instant, ce qu’on nous promet au provincial, c’est un livre vert qui va peut-être finir en livre blanc tard au printemps ou à l’été, si on ne va pas en élections d’ici là. Quant au fédéral, c’est toujours le silence radio alors que les coffres débordent.

« Nous sommes tous pour la vertu mais dans la pratique, nous avons un Rapport Bernier qui s’empoussière sur les tablettes depuis bientôt 8 ans. Nous avons un ministre du Travail qui offre une fin de non-recevoir sans équivoque aux demandes syndicales pour faciliter l’accès à la syndicalisation de même que son maintien dans la forêt et sur une procédure claire d’intégration des travailleurs dans le cas de consolidations. Pour utiliser l’expression d’un intervenant hier, les bottines gouvernementales ne suivent pas les babines », a déclaré Renaud Gagné, vice-président du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP-FTQ) pour le Québec.

De chaudes batailles en vue pour le respect des droits des travailleurs de la forêt

« Nous avons demandé l’harmonisation de la Loi sur les forêts au Code du travail. Nous avons entendu beaucoup de bonnes intentions à ce sujet, mais les décisions se prennent au gouvernement et, à en juger par son attitude, il y a très loin de la coupe aux lèvres et nous nous préparons de chaudes batailles pour faire respecter les droits des travailleurs de la forêt », a ajouté René Roy.

Enfin, à ceux qui prônent une décentralisation des responsabilités et de la gestion du dossier de la forêt vers les régions ou les municipalités, René Roy avertit qu’il s’agirait d’une erreur d’aiguillage dont nous paierions collectivement le coût à moyen et long terme.

« Il faut que le gouvernement et son ministre des Ressources naturelles soient responsables et imputables du dossier de la forêt au Québec. Qu’il reçoive les honneurs pour les bons coups qu’il fera, mais qu’il assume également ses erreurs », a indiqué René Roy.

Le secrétaire général a terminé son allocution de clôture au Sommet en sommant Ottawa de prendre ses responsabilités dans le secteur de la forêt. « La clé de cette crise est à Ottawa. C’est là qu’est l’argent, c’est là aussi qu’est l’inertie. Il faut unir nos efforts pour forcer le gouvernement Harper à intervenir », a conclu René Roy.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.

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