« Nous continuerons de soutenir un gouvernement de coalition » – Michel Arsenault, président de la FTQ

Le gouvernement Harper s’est clairement disqualifié aux yeux des travailleurs et de la population

Montréal, mercredi 21 janvier 2009 – « D’entrée de jeu, nous partageons les préoccupations exprimées par le chef de l’opposition aux Communes, Michael Ignatieff, pour que le budget Flaherty vise les plus vulnérables de notre société, s’attaque résolument à la protection des emplois et encourage la création des emplois de demain », a déclaré le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Michel Arsenault, à l’issue d’une rencontre ce matin avec le chef du Parti libéral du Canada.

Dépenses publiques plutôt que baisses d’impôts

Pour la FTQ, il faut s’en remettre aux dépenses publiques pour aider à relever l’économie en redonnant confiance aux entreprises et aux consommateurs plutôt que de miser sur des baisses d’impôts qui ne stimulent aucunement l’économie tout en réduisant la capacité fiscale du gouvernement à plus long terme. En cela la FTQ appuie les déclarations récentes du chef de l’opposition.

Améliorer l’accès à l’assurance-emploi

« Quelqu’un qui perd son emploi n’a surtout pas besoin de baisses d’impôts mais plutôt d’un accès amélioré à l’assurance-emploi, à la formation professionnelle, à des mesures de partage de l’emploi, à des programmes d’aide dans le cas des travailleurs âgés.

« Les dépenses en assurance-emploi ont un effet multiplicateur parmi les plus élevés de toutes les mesures que peut adopter le gouvernement en plus d’être des dépenses qui se résorbent d’elles-mêmes quand l’économie va mieux, contrairement aux baisses d’impôts », a ajouté le président de la FTQ.

Renoncer à modifier la péréquation

La FTQ demande au gouvernement Harper de renoncer à modifier les règles de péréquation et de maintenir les transferts tout en versant le manque à gagner de 800 millions de dollars au titre des transferts pour l’éducation postsecondaire.

Investir dans les infrastructures sans PPP

« Le gouvernement devrait profiter des taux d’intérêt très bas pour accélérer les dépenses d’immobilisation. Donc quitte à emprunter à des conditions favorables, le gouvernement fédéral doit effectuer le rattrapage qui s’impose dans les investissements en infrastructures. Les conduites d’eau, les toits d’école qui coulent et le piètre état des chaussées nous le rappellent quotidiennement.

« Ces efforts doivent se faire dans une perspective de développement durable, en priorisant notamment le développement des transports en commun. Ils doivent également s’inscrire dans le cadre d’une politique d’achat chez nous et surtout éviter le piège des partenariats public-privé (PPP) qui n’ont d’autres assises que des considérations idéologiques », a fait valoir Michel Arsenault.

Les nouveaux habits opportunistes du gouvernement Harper

Dans un message bien senti à l’endroit de l’opposition officielle aux Communes, la FTQ ne veut plus être témoin d’une opposition qui s’oppose publiquement à des politiques de droite rétrogrades mais qui, dans les faits, permet à ce gouvernement disqualifié de survivre à l’occasion de votes.

« Ce gouvernement a déclaré la guerre aux autres partis et aux syndicats en tentant de miner les bases du financement démocratique des partis politiques, en niant les droits démocratiques des syndicats, en prorogeant unilatéralement la session des Communes, malgré son statut minoritaire.

« Il ne faut surtout pas se leurrer par le soudain repentir d’un gouvernement qui a clairement placé la lutte au déficit en haut de ses priorités, au détriment de l’aide à des travailleurs et à une population aux prises avec des difficultés économiques croissantes.

La FTQ soutient un gouvernement de coalition

« Le gouvernement Harper a beau revêtir par pur opportunisme politique ses habits de pourfendeur de la crise économique ambiante, il n’en demeure pas moins l’ennemi des consensus, de la consultation démocratique et de la transparence. Dans ce cadre, nous continuerons à soutenir la solution d’un gouvernement de coalition », a conclu le président de la FTQ.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.