N’oubliez pas les femmes dans les politiques sur la retraite!

À trois semaines d’une conférence des ministres des Finances des provinces portant sur l’avenir du Régime de pensions du Canada, la Fédération des femmes du Québec, le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail et les responsables politiques de la condition féminine de nombreuses organisations syndicales (APTS, CSN, CSQ, FIQ, FTQ, SFPQ, SPGQ) réclament la prise en compte des femmes et de leurs besoins dans les décisions. «&#160Les gouvernements québécois et canadien doivent tenir compte des réalités des femmes dans la planification des politiques publiques entourant la retraite. On se demande si aujourd’hui, quelqu’un s’en soucie&#160», déclarent les représentantes.

«&#160Nous demandons à Nicolas Marceau, ministre des Finances, et à Agnès Maltais, ministre responsable de la Condition féminine et du Régime des rentes du Québec, de respecter les engagements du Parti Québécois en matière de retraite. Celui-ci s’est en effet engagé à assumer un rôle de leadership dans la rencontre fédérale-provinciale afin d’obtenir un accord de principe autour de la bonification du Régime des pensions du Canada ouvrant la voie à une bonification du Régime des rentes du Québec&#160», appellent les représentantes.

Les femmes retraitées vivent en moyenne avec 65&#160% du revenu des hommes retraités (2009) à cause de leur parcours différent sur le marché du travail. Or, dans tous les travaux gouvernementaux en cours, la situation des femmes semble complètement absente de l’analyse. Avec un salaire inférieur aux hommes, des arrêts de travail périodiques pour prendre soin des enfants ou des membres de la famille en perte d’autonomie, ou encore une réduction de leurs heures rémunérées afin de concilier travail et famille, les femmes sont pénalisées à l’âge de la retraite. «&#160Seul le RRQ tient compte d’un retrait du marché du travail pour s’occuper de jeunes enfants. Seul le RRQ fait partager le risque de la plus grande longévité des femmes entre l’ensemble des cotisantes et cotisants&#160», explique Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec et porte-parole.

«&#160Que ce soit pour la vaste majorité de mères, de proches aidantes, de travailleuses précaires ou à bas salaire – autant dans la fonction publique qu’en entreprise privée – la meilleure option serait que les gouvernements rejettent l’approche individualiste, coûteuse et inefficace que représente les régimes d’épargne privée comme le Régime volontaire d’épargne-retraite (RVER) à la faveur d’une approche collective &#160», affirme Alexa Conradi.

Une bonification du Régime de pensions du Canada (RPC) ou du Régime de rentes du Québec (RRQ) signifierait une contribution non pas de l’État mais des employeurs et des employées. Le maintien de la Pension de vieillesse du Canada à 65 ans et l’élargissement du Supplément du revenu garanti impliqueraient un choix budgétaire au plan des impôts fédéraux.

«&#160La bonification substantielle des régimes publics (RPC, Supplément de revenu garanti et RRQ) ainsi que le maintien de l’accessibilité à la Pension de vieillesse à 65 ans sont les mesures qui répondraient le mieux au besoin des femmes&#160», estime enfin la porte-parole.