« Nos membres ne seront pas les prêts à jeter de la forêt, du papier ou du bois. Nous allons nous battre » - Henri Massé, président de la FTQ

Québec, jeudi 8 décembre 2005 – Suite aux fermetures annoncées chez Domtar et dans d’autres scieries et papetières, avec à la clé une importante saignée des emplois dans la foresterie, dans le papier et dans le secteur de la transformation du bois, la FTQ et les syndicats de cette industrie ont senti le besoin de faire le point et d’annoncer des propositions de solutions.

Une situation prévisible

« Ce n’est pas comme si cette situation était nouvelle ou subite car depuis des mois et des années la crise actuelle se dessine. Que l’on pense à la hausse du dollar canadien qui affecte beaucoup l’économie du Québec et de l’Ontario, au conflit sur le bois d’oeuvre avec les États-Unis qui a porté un autre coup très dur et tout dernièrement, à l’augmentation des coûts énergétiques pour prélever la ressource et à la réduction des coupes forestières imposées par le gouvernement Charest.

« Nous le répétons depuis des mois, et nous avions déjà servi une sévère mise en garde au premier ministre du Québec au moment de la réduction de 20 % des coupes, les gouvernements doivent se réveiller et agir avant que les emplois ne disparaissent pour de bon. Au lieu de cela, on annonce des mesures inadéquates et insuffisantes », a indiqué Clément L’Heureux, vice-président exécutif pour le Québec du Syndicat des communications, de l’énergie et du papier.

Des fermetures inacceptables

Réunis en assemblée sectorielle, à Québec, les membres du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP-FTQ), dirigeants des sections locales du secteur du papier, de la forêt et de la transformation du bois, condamnent vigoureusement le peu d’actions des gouvernements, tant fédéral que québécois, face aux fermetures qui sévissent un peu partout au Québec.

Trop peu, trop tard

« Ces gouvernements agissent trop peu et surtout, trop tard. Ce ne sont pas les quelques millions $ étalés sur trois ans du gouvernement Charest, provenant largement de programmes recyclés et les millions $ que vient de promettre le gouvernement fédéral qui feront une différence pour les milliers de travailleurs et travailleuses qui ont perdu leur emploi au cours des derniers mois et ceux qui perdront le leur dans les mois à venir », a fait valoir le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), M. Henri Massé, invité à prendre la parole devant les quelque 250 représentants des travailleurs de la foresterie.

Ces travailleurs ne sont pas comme des briquets jetables

« On ne tolérera pas que les travailleurs et les familles de Malartic, de Lebel-sur-Quévillon ou d’ailleurs au Québec fassent les frais d’une situation qui était prévisible de longue date. Ces travailleurs ne sont pas comme des briquets jetables dont on peut disposer après avoir épuisé la ressource.

« Et surtout, nous mettons en garde les employeurs contre les tentatives de rogner sur les conditions de travail à la faveur des déboires dans l’industrie. Nous disons non aux lock-out déguisés ou aux tentatives de coups de force », a averti le président de la FTQ.

Complaisance du gouvernement

Le SCEP-FTQ condamne particulièrement le rôle joué par le gouvernement Charest et son ministre Pierre Corbeil qui autorise des transferts d’allocation de bois d’une scierie vers une autre, sans aucune raison, ni logique.

« Le ministre Corbeil aurait là l’opportunité de contrôler un peu l’hémorragie, au lieu de ça, il donne son accord aux demandes des compagnies forestières , a ajouté M. L’Heureux.

Le dernier exemple à cet égard concerne la scierie Domtar de Malartic, dont la fermeture a été annoncée la semaine dernière, et pour laquelle Domtar a demandé au gouvernement de détourner le CAAF (contrat d’aménagement et d’approvisionnement forestier) vers d’autres de ses usines, usines où l’on ajoutera un troisième quart de travail.

Des mesures concrètes à appliquer

La FTQ et le SCEP mettent de l’avant un certain nombre de mesures concrètes pour contrer l’érosion des emplois et des conditions de travail dans le secteur :

- Injection d’argent neuf basée sur les programmes existants avec obligation du maintien des emplois;

- Report de la coupure de 20 % sur le prélèvement de la ressource et application graduelle de cette coupure par attrition au fur et à mesure que des CAAF se libéreront;

- Interdiction du transfert de CAAF sans l’approbation des travailleurs et travailleuses;

- Programme de relance mieux contrôlé d’implantation de la deuxième et troisième transformation avec imputabilité des postulants au programme;

- Dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre appréhendée, obligation aux entreprises de participer au financement des comités de reclassement;

- Programme de réaménagement des technologies énergivores financé par le gouvernement dans une perspective de développement durable.

Un traitement juste et équitable pour les travailleurs et les communautés

Le SCEP-FTQ a bien l’intention de maintenir la pression et de continuer à demander un traitement juste et équitable pour des travailleurs et les communautés qui ont contribué à l’enrichissement des entreprises comme Domtar, Tembec et toutes les autres.

« Ces compagnies ont non seulement profité de la ressource naturelle mais tout autant de la ressource humaine et aujourd,hui, ces gens sont traités sans reconnaissance de leur contribution », ont conclu MM. L’Heureux et Massé.