Négos des secteurs public et parapublic - Bataille coriace en vue

Après plusieurs semaines de discussions et un énorme travail d’harmonisation, les trois grandes centrales syndicales, la FTQ, la CSN et la CSQ, ont déposé conjointement au gouvernement du Québec leurs demandes concernant la rémunération, les régimes de retraite et d’assurances, les droits parentaux et la conciliation travail-famille, les vacances et les disparités régionales.

Au terme du processus de consultation, les membres ont décidé de revendiquer des augmentations salariales de 4,5 %, 4 % et 4 % pour les trois prochaines années, la protection du pouvoir d’achat, une amélioration de l’indexation des rentes de retraite, une contribution accrue de la part du gouvernement au régime d’assurances collectives ainsi que plusieurs mesures améliorant les droits parentaux, notamment la bonification des congés pour responsabilités familiales.

Front commun ?
Durant les derniers mois, le président Henri Massé et le coordonnateur des négociations pour la FTQ, Raymond Forget, ont multiplié les interventions en faveur d’un Front commun solide, fort de l’implication et de la mobilisation de l’ensemble des syndiqués des secteurs public et parapublic. Au total, plus de 500 000 travailleurs et travailleuses sont touchés par ces négociations, dont la majorité est représentée par les centrales syndicales. Au moment d’écrire ces lignes, et malgré notre volonté, le lancement officiel du Front commun n’a toujours pas eu lieu.

Bataille coriace
On peut s’attendre à une bataille coriace, car cette ronde de négociations s’ouvre au moment où le gouvernement conservateur de Jean Charest a adopté des lois astreignantes et antisyndicales. Dans le secteur de la santé et des services sociaux, plus particulièrement, les syndiqués devront faire face à la fusion de plusieurs établissements et à un réaménagement sans précédent des accréditations syndicales.

En outre, le gouvernement promet de décentraliser au maximum le déroulement des négociations dans l’ensemble des secteurs, ce à quoi se sont toujours opposés les syndicats.

Un peu d’histoire
Les plus vieux s’en souviendront et plusieurs jeunes l’apprendront : les premières batailles dans les secteurs public et parapublic, au milieu des années 60, ont eu pour objet d’en finir avec l’anarchie qui régnait dans les conditions de travail à cause des négociations exclusivement locales ainsi que des milliers de conventions collectives et d’échelles salariales disparates. Ensemble, à force de luttes, les travailleurs et les travailleuses de la santé, de l’éducation, de la fonction publique, mais aussi ceux et celles des grandes sociétés d’État (Hydro-Québec, Société des alcools…) ont réussi à civiliser les relations de travail avec le plus important employeur du Québec, le gouvernement.

Les enjeux qui se posent aujourd’hui sont certainement à la mesure de ceux vécus dans le passé. Forts de nos expériences, nous nous lançons maintenant dans cette onzième ronde de négociations.