Mondialisation, équité salariale, mises à pied : Des défis de taille pour la FTQ

Montréal, mardi 9 octobre 2001 – « Dans quelques jours à peine, cela fera un mois que plus d’un millier de nos camarades syndiqués américains sont morts sur leurs lieux de travail, victimes du terrorisme et de la barbarie. Nous avons le devoir de ne jamais oublier ces tragiques événements qui devraient raviver notre combat contre le terrorisme et aussi contre ses causes profondes : l’intégrisme religieux, l’intolérance et la haine, l’ignorance, les inégalités, la misère, l’humiliation », a déclaré M. Henri Massé, président de la FTQ, à l’occasion de la tournée pré-congrès des dirigeants de la centrale à Montréal.

Le combat contre les inégalités

À l’approche du prochain congrès de la FTQ qui se tiendra du 26 au 30 novembre à Québec, sous le thème « Vers un syndicalisme sans frontières », le président de la FTQ rappelle que « ce combat contre les inégalités doit procéder d’une prise de conscience que l’organisation des rapports sociaux, économiques et politiques au niveau mondial doit entrer dans une nouvelle ère. C’est avec l’ensemble des syndicats membres de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), dont la FTQ fait partie, que nous menons cette réflexion ».

« En même temps, il ne faut pas oublier que ce sont nos membres et leurs familles qui vivent au quotidien les effets de la mondialisation. Ils sont donc à même, avec leurs organisations syndicales, de formuler des pistes de solution concrètes face aux injustices sociales et aux iniquités engendrées par une certaine conception de l’économie qui évacuerait toute idée de justice sociale. Ça fait partie de l’exercice que nous aurons à faire en congrès », a ajouté M. Massé.

Les jeunes, victimes de la saignée des emplois

Les milliers d’emplois perdus ou menacés ces dernières semaines, principalement chez les salariés des industries aérienne, aérospatiale et automobile, constituent un autre sujet de préoccupation majeur à la FTQ.

« C’est en bonne partie la grande région de Montréal qui est victime de cette véritable saignée et ce sont malheureusement des jeunes nouvellement entrés sur le marché du travail qui en font les frais. La FTQ a déjà amorcé des interventions auprès des gouvernements et mettra à contribution au besoin son Fonds de solidarité pour réduire l’impact de ces pertes d’emploi », a souligné le président de la FTQ.

Équité salariale : le 21 novembre doit demeurer

Au chapitre de l’équité salariale, à un peu plus d’un mois de la date butoir du 21 novembre, date à laquelle le processus d’équité salariale doit être complété dans les milieux de travail québécois, le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy, fait valoir que « la FTQ a multiplié ses interventions auprès du gouvernement pour maintenir cette échéance. Nous devons encore travailler en ce sens et la FTQ continuera d’appuyer les démarches de ses affiliés sans relâche.

« Nous allons maintenir toute la pression nécessaire pour que tous les employeurs se conforment à cette loi arrachée après des années de luttes par des femmes et des hommes qui refusent toute forme de discrimination, notamment salariale », a poursuivi le secrétaire général de la centrale.

De la transparence dans la démarche d’équité

La loi sur l’équité salariale comprend un chapitre d’exception, le chapitre IX. Ainsi, 160 employeurs des services publics, compagnies d’assurance, municipalités, manufactures, universités, caisses populaires, commerce, restauration, hôtellerie, etc. ont déposé à la Commission de l’équité salariale des travaux d’équité ou de relativité salariale réalisés avant l’adoption de la loi afin qu’ils soient réputés conformes à la loi.

« La Commission a approuvé la très grande majorité de ces rapports, sans accorder aux travailleuses et à leurs syndicats les mêmes droits d’intervenir qu’aux employeurs, alors que ça les concerne directement. On ne laissera pas passer un tel manque de transparence », a averti le secrétaire général de la FTQ. Rappelons que plus du tiers des membres de la FTQ sont des femmes.

Le rôle essentiel des Conseils régionaux de la FTQ

Les deux dirigeants de la FTQ ont enfin insisté sur le rôle essentiel des conseils régionaux de la FTQ, comme organismes proches des milieux de travail, des membres, mieux au fait des problématiques de l’emploi, des réalités économiques et sociales régionales.

« N’oublions pas que les défis de la mondialisation, les batailles pour l’équité salariale, l’intégration des jeunes, c’est dans chaque milieu de travail que ça se pose, dans chaque région. Si on n’est pas bien branchés à ce niveau-là, on manque le bateau », ont conclu le président et le secrétaire général de la FTQ.

La FTQ, la plus grande centrale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres dont plus de 200 000 dans le grand Montréal métropolitain.