Mission impossible sinon dévastatrice

Le gouvernement n’a pas le mandat de ses projets. Alors même que son ministre des Finances, Yves Séguin, a commencé à mettre la pédale douce sur la «faisabilité» de la baisse promise des impôts, le Premier ministre n’en continue pas moins à en marteler la possibilité. Mais comment peut-il réaliser les économies qu’il annonce en réduisant les dépenses publiques, alors même qu’il a promis d’accroître les budgets de la santé et de l’éducation et que ceux-ci représentent pas loin de 80 % du budget du Québec ? Comment peut-il réussir à économiser 15 milliards sur 4 ans sans piller et mettre à sac les institutions et les services publics ? Mission impossible, sinon dévastatrice !

Tout semble nous faire croire que pour les dirigeants du PLQ, pour le Conseil du patronat et autres instituts de recherche de droite, la société tout entière doit être tournée vers l’appât du gain, de l’argent et des profits qui sont le moteur du secteur privé.

Nous sommes de plus en plus nombreux, du côté des organisations syndicales et populaires, mais aussi du côté de plusieurs observateurs, à trouver que trop, c’est trop : à ne vouloir que réduire et privatiser, on écrase non seulement le passé mais on oublie qu’en choisissant «un chemin si à droite et jonché de tant d’écueils, notre société risque de s’y fracasser» (Franco Nuovo, Le Journal de Montréal, 15 octobre 2003).

L’éditorialiste du journal Les Affaires, Jean-Paul Gagné, a pour sa part bien saisi les enjeux. Dans l’édition du 20 septembre 2003, il écrit :

“ Il est évident que le gouvernement Charest ne pourra pas s’attaquer à la réingénierie de l’État sans sous-traitance et sans partenariat public-privé. Or, l’article 45 renferme justement la clé de la réorganisation souhaitée. ”

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