Métier: premier assistant à la caméra

Maxime Gagnon, premier assistant à la caméra

Photo: Casadel

Maxime Gagnon travaille comme premier assistant à la caméra depuis plus de vingt ans dans le domaine du cinéma. Le Monde ouvrier s’est rendu dans les studios MELS à la Cité du havre à Montréal où se déroule présentement la production de The Bold Type, un projet de NBC Universal inspiré de la vie de Joanna Coles, ancienne rédactrice en chef du Cosmopolitan, et dont la diffusion est prévue pour le 11 juillet 2017.

Le travail de ces artisans du cinéma consiste à s’assurer de la mise au point des images. «La caméra bouge dans les décors; suit les déplacements des comédiens. Il faut jumeler tout ça pour s’assurer que les comédiens soient au foyer en compensant avec les objectifs, par exemple au niveau des distances. C’est un travail plutôt technique qui demande un mélange d’intuition et de confiance.»

Beaucoup de choses reposent sur le travail des assistants à la caméra. «On est un peu comme des gardiens de but au hockey. Si on se trompe, ça affecte ce qu’on voit à l’image.»

Une synergie importante

C’est un travail qui s’exerce en étroite collaboration avec le directeur de la photographie, le machiniste et le cadreur qui opère la caméra. «Il y a toujours un dialogue entre nous. Lors des répétitions, on essaye de voir comment la caméra va bouger, qu’est-ce qu’on va aller chercher par exemple lors de passages de foyer entre deux comédiens, un plus près de la caméra et l’autre à distance. Il faut réagir toujours très vite.»

Un métier en constante évolution

Les technologies ont beaucoup évolué depuis les débuts de la carrière de Maxime. «On travaillait à l’époque exclusivement en film. Le numérique a pris de plus en plus de place et depuis sept ou huit ans, les caméras sont vraiment adaptées à ce qu’on fait. Le changement s’est fait beaucoup plus rapidement qu’on pensait et on doit toujours se tenir informé des derniers développements.»

Comme les photographes qui parlent avec nostalgie de l’époque des chambres noires, quelque chose s’allume dans le regard de Maxime lorsqu’il parle de l’époque où il travaillait en film. «On travaillait avec quelque chose de physique, de chimique qui avait une odeur et une texture. Les caméras sont aujourd’hui des ordinateurs.»

Les conditions de travail en extérieur ou les longues heures en studio sans voir la lumière du jour, ainsi que les horaires de travail sont sans doute ce qui est le plus difficile dans le métier. «On se garde en forme, mais c’est physiquement très exigeant.»

«Même après des millions de pieds de films ou de gigas tournés sur des cartes numériques, il y a toujours un émerveillement. Un rêve d’enfant réalisé de faire du cinéma!»

On ne pourra plus jamais aller au cinéma sans penser à toi Maxime, merci!

Merci également à Christian Lemay de IATSE 667 d’avoir rendu cette entrevue possible.

Article paru dans le  Monde ouvrier, no 121 (mai-juin 2017).