Métier: éducatrice de la petite enfance

Pour Véronique Allard, éducatrice au CPE Enfants Soleil, «voir les l’enfant qui se développent, qui changent, qui réussissent, c’est vraiment touchant et gratifiant. La relation de confiance qui se développe avec les parents c’est aussi un aspect intéressant de ce métier». | Photo Normand Blouin

Une vocation

On entend encore souvent le terme «gardienne d’enfants» pour décrire le métier de ces milliers de femmes au Québec (eh oui! elles sont encore nettement majoritaires dans ce domaine) qui œuvrent en milieu familial ou en installations dans les centres de la petite enfance (CPE). Pourtant, ce travail, qui se rapproche souvent plus de la vocation, comporte des exigences et plusieurs facettes qui vont bien au-delà du gardiennage. Véronique Allard travaille au CPE Enfants soleil dans le quartier Ville-Émard à Montréal depuis bientôt onze ans. Quatre-vingts enfants, de quelques mois à cinq ans, évoluent et grandissent dans l’installation qu’elle nous a fait visiter ce printemps.

Des journées bien remplies!

Entre les soins de base, les repas, les sorties extérieures et les activités physiques, les journées sont bien structurées. Plusieurs activités dirigées pour stimuler le langage, la motricité fine, les habiletés sociales et affectives sont organisées. Les éducatrices suivent le programme éducatif du Ministère, mais développent également leur propre programme pédagogique, adapté aux forces et aux besoins de leur groupe.

«C’est un métier passionnant, mais très exigeant physiquement et psychologiquement. Ce qu’on apprend sur les bancs d’école au cégep, ça ne peut jamais tout à fait nous préparer à la vraie vie. Ce n’est pas toujours facile de faire la coupure quand on rentre à la maison après une journée de travail, surtout quand on travaille en milieu défavorisé», explique Véronique Allard.

L’austérité, ça touche aussi la petite enfance!

«Il y a de plus en plus de cas d’enfants atteints d’autisme ou ayant des troubles de langage ou des retards d’apprentissage. On fait beaucoup de stimulations précoces, mais ce travail n’est pas reconnu ni par le gouvernement ni par le grand public. Pourtant, cette partie de notre travail est importante et a des répercussions directes dans le parcours scolaire des enfants. En plus, nous vivons directement les conséquences des compressions budgétaires du gouvernement. Nous venons par exemple de perdre une éducatrice spécialisée qui intervenait directement auprès des enfants et qui faisait de l’accompagnement avec nous. C’est la même chose pour les sorties éducatives qui sont moins nombreuses qu’avant. L’austérité, on la vit aussi en petite enfance!»

Présidente de son syndicat local depuis quatre ans et membre du comité exécutif du Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298 (SQEES- 298), Véronique donne aussi de la formation syndicale. Pas étonnant que cette passionnée de l’être humain, grand ou petit, ait plongé dans le syndicalisme tête première!

Article paru dans le Monde ouvrier, no 112, mai-juin 2015