Métier: conseiller syndical

Bien qu’ils soient régulièrement aux quatre coins du Québec pour donner des formations, les conseillers et conseillères du service de l’éducation de la FTQ font aussi beaucoup de travail de bureau afin de concevoir de nouveaux cours ou de mettre à jour les formations régulières offertes tout au long de l’année. Photo: Isabelle Gareau

Changer le monde!

«L’éducation est notre arme la plus puissante pour changer le monde.» Cette célèbre phrase de Nelson Mandela est reprise cette année sur la couverture du programme d’éducation de la FTQ, mais pourrait aussi être le slogan de la brigade qui compose le service de l’éducation, au 12e étage de l’Édifice FTQ, à Montréal. Le Monde ouvrier a rencontré Jean Binet qui est entré en fonction au service de l’éducation de la FTQ en 2009. Originaire de Thetford Mines, ce passionné et grand convaincu de l’approche pédagogique de la FTQ, a fait ses premières armes syndicales dans le secteur des mines alors qu’il était opérateur de camion 100 tonnes.

«Sentir qu’on participe au changement»

Assez rapidement dans sa carrière de syndicaliste, Jean s’implique comme formateur au service de l’éducation du Syndicat des Métallos où il a donné différents types de formations. «C’est à ce moment très précis de ma vie que j’ai eu le sentiment d’avoir finalement trouvé ce que je voulais faire. J’avais enfin l’impression de participer au changement et de pouvoir faire une différence.»

Partir du connu pour aller vers l’inconnu

«J’aime rencontrer les gens et j’aime savoir ce qu’ils font comme travail. En apprenant à les connaître, je peux partir de leur connu pour justement transférer ces expériences dans la formation.»

 

Le projet éducatif de la FTQ propose un modèle différent de celui où un «maître» (un expert, un professeur) enseigne à l’élève ce qu’il doit savoir et apprendre. Ce modèle est basé sur un autre choix stratégique, soit celui de l’apprentissage par l’expérience. La formation des formateurs et des formatrices, ainsi que la conception du matériel pédagogique favorisent un processus au cours duquel un savoir est créé grâce au partage de l’expérience. «On part du besoin des syndicats affiliés. Quels objectifs veut-on atteindre? Après avoir défini les objectifs généraux et les objectifs d’apprentissage, on entame la réflexion des méthodes et des activités qu’on va utiliser pour les atteindre.

On va, par exemple, faire des jeux de rôles avec des mises en situation, visionner des vidéos ou avoir des discussions. On a bien sûr des compléments théoriques qui accompagnent les cours, mais c’est surtout à partir du groupe que le contenu se bâtit. On tourne à l’envers l’approche traditionnelle de formation. On part des expériences concrètes des gens dans leur milieu de travail ou dans leur vie personnelle pour transposer cela dans l’action syndicale. C’est ce qu’on appelle le transfert dans l’action. Et mes années d’expérience comme formateur m’ont convaincu que cette approche fonctionne!»

Une des caractéristiques de cette approche est la coanimation, qui permet de mettre en évidence le travail en équipe et la solidarité qui rejoignent les valeurs du mouvement syndical. Sur la photo, Jean et son collègue Stéphane Hudon donnent une formation à des militants et militantes de différents syndicats affiliés de la FTQ dans le cadre de la présente campagne électorale fédérale.

Pour en savoir plus, consultez le programme d’éducation 2015-2016 de la FTQ à formationsyndicale.ftq.qc.ca.

Article paru dans le Monde ouvrier, no 113, septembre-octobre 2015, page 5.