Métier : chef électrique

Le tour du monde… de la FTQ

Article paru dans l’édition mars-avril 2013 du Monde ouvrier

Plus de 600 000 membres, c’est plusieurs milliers de corps d’emplois différents. Des hommes et des femmes qui travaillent dans des usines, des bureaux, des magasins, des entrepôts, des hôpitaux, sur des chantiers de construction, dans les airs, sur mer, les deux pieds sur terre.

Dans cette chronique, Le Monde ouvrier vous fait découvrir quelques-uns de ces métiers à travers des rencontres sur le terrain avec leurs artisans.

Une fourmilière électrique au Centre Bell

Gordon Page nous a donné rendez-vous au Centre Bell au petit matin. Des dizaines de techniciens et de techniciennes s’activaient déjà depuis les aurores pour préparer la salle afin d’accueillir un banquet-bénéfice en soirée.

Gordon est aux premières loges pour constater l’évolution et les transformations que ce métier a connues au fil des ans. Depuis plus de 30 ans, il est chef d’équipe électrique à la section locale 56 de l’Alliance internationale des employés de scène, de théâtre et de cinéma (AIEST).

Les quelque 200 électriciens et électriciennes de scènes de l’AIEST ont des conventions collectives dans différentes salles. La Place des arts, le Centre Pierre-Péladeau, le Théâtre du Nouveau Monde (TNM), la Salle Jean-Grimaldi, etc. Ils travaillent également à la pige dans différents endroits où ils ont des ententes de service.

Gordon est attitré au Centre Bell où se tiennent en moyenne trois spectacles par semaine. En très grande partie, des spectacles de tournées américaines ou canadiennes, mais aussi des événements corporatifs, bénéfices ou sportifs. Le matin de notre entrevue, son équipe, composée de 36 personnes, donnait l’impression d’une véritable fourmilière à l’ouvrage. Dès 5 heures du matin, la première équipe est entrée pour décharger l’équipement de location. Ils procèdent ensuite à l’installation de tous les services électriques nécessaires à la production. Le travail se fait en équipe avec les départements de son, les machinistes et les gréeurs.

« L’avantage d’être rattaché à une salle c’est qu’on connaît vraiment bien la place, les aspects techniques et aussi les différentes équipes techniques. »

Le travail de Gordon consiste à coordonner et à assigner les équipes pour assurer le suivi des projets selon les besoins des productions. La journée de notre visite, les équipes sont entrées le matin pour une période de 6 heures et reviendront après l’événement vers 11 heures pour démonter le tout. Pour sa part, Gordon restera sur place en continu, donc de 5 heures du matin à 3 heures le lendemain matin. En plus de son rôle de coordonnateur, il s’occupe également de peaufiner tous les aspects de la production avec les équipes de concepteurs et de créateurs.

« On travaille toujours sur des spectacles différents alors il n’y a jamais deux journées pareilles. Je connais mes horaires environ un mois à l’avance. J’aime mon emploi ! Il y a beaucoup de variétés, beaucoup d’imprévus et c’est un travail d’équipe. »

Merci à Carl Bluteau et Pyer Desrochers d’avoir rendu cette entrevue possible.