Métier : brigadier

Le tour du monde… de la FTQ

Crédits : Normand Blouin

Crédits : Normand Blouin

Article paru dans Le Monde Ouvrier, no 108, page 5

« Quand plus de 200 personnes te souhaitent bonne journée le matin, ça ne peut pas faire autrement que de déteindre sur toi. C’est vraiment bon pour le moral ! »

Si vous travaillez dans la tour de la FTQ ou celle du Fonds de solidarité FTQ sur le boulevard Crémazie au coin de la rue Lajeunesse, vous avez sans doute déjà croisé Gilbert Chatillon. Depuis un peu plus de six ans, il s’y rend matin, midi et soir pour assurer la sécurité des enfants et des piétons aux abords de l’autoroute Métropolitaine. « Le danger numéro un, aujourd’hui, pour les brigadiers et les piétons, c’est sans aucun doute les automobilistes qui textent au volant. C’est un réel problème qu’on observe tous les jours, trop souvent ! »

Être brigadier, c’est la deuxième vie de cet ancien pressier qui a décidé un jour, après dix ans dans l’imprimerie et une brève période de chômage, de changer de vie. « J’ai essayé le métier d’abord pour compléter mon revenu de chômage et je l’ai très rapidement adopté. Quand le travail a repris chez mon ancien employeur dans l’imprimerie, le choix de la rue s’est fait très naturellement.

Mais exercer ce métier implique aussi un choix de simplicité volontaire. Avec les horaires coupés au gré du trafic scolaire, les brigadiers travaillent environ quatre heures et demie par jour. Dès 7 h le matin, Gilbert est au poste pour faire traverser les quelque 70 enfants qui passent tous les jours pour se rendre à l’école Saint-Gérard sur la rue Lajeunesse. À 8 h 30, il part pour revenir de 11 h 30 à 12 h 45 pour les enfants qui dînent à la maison. Sa journée se termine avec la fin des classes, de 15 h 15 à 17 h. « Les horaires coupés, ça permet une belle qualité de vie, une grande liberté pour vaquer à mes occupations pendant la journée. »

Assurer la sécurité des enfants c’est évidemment le premier rôle d’un brigadier, mais Gilbert en profite aussi pour rendre la vie plus facile aux personnes âgées ou qui ont besoin d’assistance que ce soit pour traverser la rue ou encore pour entrer et sortir de la caisse populaire qui se trouve au coin de la rue.

« Dans mon travail, j’ai juste les avantages de travailler avec le public. Je n’ai rien à vendre, je ne donne pas de contravention. Je suis là pour assurer la sécurité des passants et les gens me rendent vraiment bien cette cordialité. » Au fil des ans, Gilbert a vu grandir les enfants du quartier. « Aujourd’hui, je croise des grands gars de six pieds que j’accompagnais à la maternelle, ça créé des liens. »

Parmi les aléas du métier, il y a bien entendu, la température. Il faut être prêt à vivre avec les humeurs de dame nature. « Je suis un gars de plein air : le froid et le vent ne me dérangent jamais. Je m’habille en conséquence et je n’ai jamais froid. »

Ils sont environ une trentaine de brigadières et brigadiers rattachés aux 25 traverses du poste de police 31 à Montréal qui couvre le quartier Villeray. C’est également le service de police de la Ville de Montréal qui assure la formation des brigadiers et qui coordonne les horaires.

Merci à ces femmes et à ces hommes qui prennent soin de nos enfants au quotidien.

Plus de 600 000 membres, c’est plusieurs milliers de corps d’emplois différents. Des hommes et des femmes qui travaillent dans des usines, des bureaux, des magasins, des entrepôts, des hôpitaux, sur des chantiers de construction, dans les airs, sur mer, les deux pieds sur terre. Dans cette chronique, Le Monde ouvrier vous fait découvrir quelques-uns de ces métiers à travers des rencontres sur le terrain avec leurs artisans.