Métier: auxiliaire aux services de santé et sociaux

Métier: auxiliaire aux services de santé et sociaux

Photo: Casadel

Un des plus beaux métiers du monde, c’est celui que je fais!

Louise Beaudin est auxiliaire aux services de santé et sociaux (section locale 3247 du SCFP) depuis 23 ans. Le Monde ouvrier s’est rendu avec elle chez M. Marotte dans la région du Richelieu. «J’exerce le plus beau métier du monde parce que je permets à des personnes malades, âgées ou en fin de vie de rester à leur domicile le plus longtemps possible tout en gardant leur autonomie et en offrant un peu de répit aux aidants naturels».

À plusieurs reprises au cours de notre entretien, Louise a la larme à l’œil et le trémolo dans la voix en parlant de son métier et des personnes dont elle s’occupe avec beaucoup de professionnalisme et d’engagement personnel. Le métier d’auxiliaire a beaucoup changé au fil des ans et les coupes du gouvernement ont eu des conséquences directes sur les soins offerts.

«À mes débuts, on pouvait rester 3 ou 4 heures chez des patients pour les aider à l’entretien ménager, à la lessive et à la préparation des repas, en plus des soins d’hygiène. Nous avions le temps de leur parler, de les écouter tout en les faisant participer aux tâches et ainsi améliorer leur autonomie. On avait aussi le temps de parler avec les intervenants responsables des dossiers au CLSC des inquiétudes qu’on avait face à certains patients et de partager avec nos confrères et consœurs sur nos façons de faire.

«Aujourd’hui, j’ai 7 ou 8 patients à voir par jour, sans compter mon temps de déplacement, car je couvre un territoire assez grand. J’ai donc seulement de 30 à 45 minutes à consacrer à chaque personne. Ce n’est pas toujours évident de prodiguer des soins d’hygiène en si peu temps, surtout quand on est face à une personne qui souffre de démence, d’Alzheimer ou qui a de graves problèmes physiques.»

Depuis l’adoption de la loi no 90 sur le partage des champs d’exercice professionnels dans le domaine de la santé en 2002, les tâches des auxiliaires aux services de santé et sociaux sont limitées aux soins d’hygiène, à l’administration des médicaments, à la prise de glycémie, de pression, à l’installation de cathéter urinaire, etc.

Avant de quitter M. Marotte pour aller s’occuper d’une autre personne, cette travailleuse passionnée et inspirante lance un cri du cœur aux administrateurs et aux politiciens à qui elle reproche de manquer d’empathie et d’humanisme. « On nous demande d’être performante avec des gens malades. La performance, ça fonctionne sur des chaînes de montage, mais pas avec des personnes vulnérables et malades! Arrêtez de faire payer les personnes dans le besoin et de couper dans les services . »

«C’est tellement valorisant de voir le sourire des gens quand on arrive chez eux pour les aider. Nous sommes souvent les seules visites qu’ils reçoivent dans la semaine et on sent qu’on fait une différence.»

Merci au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-CISSSMO) d’avoir rendu cette entrevue possible et à M. Marotte de nous avoir accueillis dans sa maison.

 Téléchargez le Monde ouvrier, no 118 (novembre-décembre 2016).