Métier : caméraman

Photos: Normand Blouin.

Photos: Normand Blouin.

Article paru dans la dernière édition du Monde ouvrier

Sylvain Pichette est caméraman à Radio-Canada depuis 32 ans. Il opère principalement une steadicam, caméra spécialisée inventée il y a environ 35 ans pour permettre les prises de vues en travellings fluides, grâce à un système de harnais et à un bras articulé.

La caméra flotte littéralement sans aucun soubresaut. Cette stabilité permet au caméraman de se faufiler dans toutes sortes de sentiers inaccessibles aux caméras standards. Ce type de caméra a été utilisé pour la première fois au cinéma en 1976 dans la célèbre scène du film Rocky, lors de laquelle le caméraman suivait Sylvester Stallone qui grimpait triomphalement les 72 marches du Musée d’art de Philadelphie.

« FILMER, C’EST RACONTER UNE HISTOIRE, CAPTER DES ÉMOTIONS. »

Ils sont 54 caméramans à Radio-Canada dans le secteur studio, téléromans et émissions de variété où travaille Sylvain, mais seulement quelques-uns à opérer ce type d’appareil bien particulier. On compte environ seulement 15 à 20 steadicam dans tout le Canada dont 5 à Radio-Canada où elles servent principalement pour tourner les séries dramatiques, les galas et les émissions spéciales de variétés.

Un métier sans routine

« Nos horaires changent au gré des productions, il n’y a donc jamais deux journées pareilles. On arrive le matin après les premières équipes de techniciens, éclairage et son, pour installer et ajuster nos appareils. Une fois les artistes arrivés, on répète quelques fois avant de faire une générale et l’enregistrement final de l’émission. Nos journées standards sont d’environ 10 heures, mais c’est très atypique comme horaire. Quand on travaille sur des émissions spéciales, comme des galas ou autres, les journées de travail peuvent être de 12-14 heures. »

Étant un des plus ancien caméramans de la boîte, Sylvain travaille surtout sur des émissions en direct et une partie importante de son temps est aujourd’hui consacrée à son rôle d’instructeur. À ce titre, il est notamment responsable de la formation de ses confrères plus jeunes, mais aussi de la vérification, de l’entretien et de l’achat des équipements. « Une partie de mon travail est de m’assurer que tout est en place pour l’ensemble des productions. Je suis un peu le grand frère, je vérifie que les équipes sont complètes, qu’elles ont le matériel requis pour que tout roule rondement.»

Aux premières loges

« Ce qui me passionne, c’est le contact avec les gens. Travailler comme caméraman avec des artistes, c’est être dans l’émotion et c’est très nourrissant. On est les premiers spectateurs. Quand l’équipe technique pleure en filmant une scène dramatique, on sait que ça va marcher. Si ça ne rit pas dans une émission d’humour, on sait qu’il y a un problème ! »

Une passion contagieuse

Malgré la nostalgie de ses débuts dans le métier, alors que les productions étaient à peu près toutes produites à Radio-Canada et qu’on était loin des coupes budgétaires actuelles, Sylvain parle de son travail avec des étincelles dans les yeux et on comprend bien que sa passion est contagieuse pour les plus jeunes qui arrivent dans le métier.

Merci au Syndicat des technicien(ne)s et artisan(e)s du réseau français de Radio-Canada (STARF-SCFP) d’avoir rendu cette entrevue possible.