Menace de fermeture des ateliers ferroviaires Alstom : La FTQ, les TCA et le RESO lancent un S.O.S. à Ottawa, à Québec et à la Ville de Montréal

Henri Massé s'adresse à quelque 200 syndiqués d'Alstom. À sa droite, Normand Guimond, représentant régional FTQ, Pierre Richard du RESO et Luc Desnoyers, directeur québécois des TCA.

Henri Massé s'adresse à quelque 200 syndiqués d'Alstom. À sa droite, Normand Guimond, représentant régional FTQ, Pierre Richard du RESO et Luc Desnoyers, directeur québécois des TCA.

Montréal, le 18 avril 2002 – « Il y a des solutions applicables immédiatement pour relancer les activités des ateliers ferroviaires Alstom. Il est urgent que le gouvernement fédéral, le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal passent à l’action pour sauver les 650 emplois directs et les 2000 emplois indirects qui sont en jeu », a déclaré aujourd’hui M. Henri Massé, président de la FTQ. M. Massé a annoncé une large mobilisation syndicale et populaire pour assurer la survie de cette entreprise plus que centenaire du Sud-Ouest de Montréal, car « cette fermeture, si elle se réalise, sera aussi dramatique que celle de l’usine GM à Boisbriand ».

Le président de la FTQ a rencontré les médias en compagnie des dirigeants des Travailleurs canadiens de l’auto (TCA), le syndicat affilié à la FTQ qui représente les salariés des ateliers ferroviaires Alstom, ainsi que du Regroupement pour la relance économique et sociale du Sud-Ouest (RESO).

Carnet de commandes vide

À l’échéance des contrats en cours, en juillet, le carnet de commandes d’Alstom sera vide. Déjà en mai, le nombre de travailleurs sera réduit à une cinquantaine. En période normale d’activité, l’entreprise emploie plus de 650 salariés répartis sur trois quarts de travail. Les ateliers ont déjà embauché jusqu’à 2 500 salariés. En plus de fabriquer des locomotives et des voitures de passagers, Alstom est le principal atelier de réparation ferroviaire au Québec. Les installations de Pointe-Saint-Charles, ouvertes en 1896, sont aujourd’hui la propriété de la multinationale française Alstom.

« La compagnie est un joueur important de l’économie montréalaise. La Ville de Montréal, responsable de la Société de transport de Montréal, a les moyens de favoriser l’octroi de contrats de réparation et d’entretien pour le métro, explique M. Massé. De leur côté, Québec et Ottawa peuvent inciter l’Agence métropolitaine de transport et Via Rail à octroyer des contrats d’assemblage de wagons et d’entretien de locomotives. Les pouvoirs publics, à tous les niveaux, sont les seuls qui soient vraiment en mesure de relancer Alstom, à court et à long terme, et de sauvegarder la précieuse expertise de cette entreprise et de ses salariés. »

Pour M. Luc Desnoyers, directeur québécois des TCA et vice-président de la FTQ, « le secteur du transport ferroviaire a subi de profonds changements depuis 20 ans pour se porter sur un axe nord-sud plutôt que est-ouest. Il n’est cependant pas question de laisser les choses aller ainsi pour ce qui est des emplois. Nous n’acceptons pas de voir les emplois du secteur ferroviaire déménagés au sud de la frontière. L’avenir du secteur ferroviaire canadien passe par une volonté des différents gouvernements et des entreprises canadiennes de transport ferroviaire de maintenir et de créer des emplois chez nous ».

Trois batailles en quinze ans

C’est la troisième fois en quinze ans que les syndicats et la communauté du Sud-Ouest doivent se battre pour le sauvetage des ateliers ferroviaires. Un comité de survie a été formé auquel participent notamment la FTQ, son Fonds de solidarité, les TCA, le Conseil régional FTQ du Montréal métropolitain et le RESO. Le Comité a déjà sensibilisé les conseillers municipaux et les députés de tout le Sud-Ouest à la gravité des enjeux.

« Les ateliers ferroviaires d’Alstom font partie du cœur industriel du Sud-Ouest, a fait valoir M. Pierre Richard, directeur général du RESO. Leur fermeture éventuelle constituerait une catastrophe économique et sociale pour la communauté. Tous les acteurs économiques du Sud-Ouest sont prêts à se mobiliser une nouvelle fois pour la survie de cette entreprise vitale pour l’avenir du territoire. » M. Richard a rappelé que la communauté s’est déjà mobilisée avec succès en 1987 et 1995 pour sauver les ateliers de Pointe-Saint-Charles. Il a aussi fait état de l’appel unanime lancé par les élus fédéraux, québécois et municipaux du Sud-Ouest pour la mise en place d’un plan de sauvetage et de développement de l’entreprise.

Les travailleurs font leur part

Pour sa part, le directeur local du syndicat TCA chez Alstom, M. Serge Proulx, a déclaré que « le syndicat a fait et continuera à faire ses devoirs pour assurer la qualité de la production des ateliers de Pointe-Saint-Charles. En 1995, les 550 travailleurs embauchés par Alstom avaient volontairement laissé tomber leur sécurité économique, assurée alors par le CN, pour aider Alstom à s’installer en Amérique du nord. Sept ans plus tard, il est maintenant temps d’avoir un signe clair de la part de tous les intervenants du secteur ferroviaire qu’ils désirent maintenir une présence importante dans l’économie montréalaise ».

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.