Manifestation à Québec des métallos de Murdochville : Le ministre Trudel doit respecter ses engagements

Québec, le 12 novembre 2002 – Les travailleurs de la fonderie Gaspé à Murdochville, ainsi que des retraités et des résidents de cette petite ville de la Gaspésie, manifestent actuellement (depuis 8 h ce matin) devant le Centre des foires, à Québec, afin d’exiger du gouvernement québécois, et en particulier du ministre Rémi Trudel, le respect des engagements pris cet été envers les travailleurs qui veulent quitter Murdochville. « Nous trouvons déplorable qu’un ministre ait fait des promesses à une population en plein désarroi et qu’il refuse de les respecter par la suite. La FTQ participe à ce Sommet sur le développement régional afin justement que nous prenions les moyens pour développer une région et éviter des drames comme celui des travailleurs de Fonderie Gaspé. Entre-temps, le ministre doit aider ceux qui veulent quitter la ville, comme il s’est engagé à le faire », a déclaré M. René Roy, secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

« Des familles ont même racheté des maisons à la suite de l’intervention du ministre. Il ne faudrait pas que ce dernier oublie que les prestations de l’assurance-emploi vont arrêter bientôt et que c’est l’aide sociale qui guette ces travailleurs. Il doit les aider à déménager afin qu’ils puissent se trouver des emplois convenables. De notre côté, nous négocions avec la compagnie Noranda afin qu’elle aussi remplisse ses engagements légaux, moraux et sociaux envers les travailleurs et toute la population de Murdochville », a dit pour sa part M. Michel Arsenault, directeur québécois du Syndicat des Métallos (FTQ).

Nous demandons ce que le gouvernement a déjà consenti ailleurs

Le coordonnateur des Métallos sur la Côte-Nord et dans le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, M. Daniel Roy, ajoute qu’il est important que le ministre comprenne que les travailleurs de Murdochville ne demandent pas la lune : « Ils ne demandent que ce qui a déjà été accordé lors de la fermeture des villes minières de Gagnon et de Schefferville sur la Côte-Nord. Il doit notamment détaxer les primes de séparation ».

Le président de la section locale des Métallos, M. Jean-d’Arc Beaudin, dit que « le ministre et la compagnie Noranda devront être sensibles au désespoir de nos gens ».

Fermeture définitive le 28 mars 2002

C’est le 28 mars dernier que la compagnie Noranda annonçait la fermeture définitive de la fonderie Gaspé à Murdochville. Plutôt que de dire clairement à la population gaspésienne ses intentions en novembre 2001 lors de la fermeture temporaire de la fonderie, la compagnie a préféré faire miroiter des possibilités de développement. Noranda a gagné du temps. Dans les faits, elle continue ses investissements au Chili dont l’agrandissement pour le printemps 2003 de la fonderie Alta Norte. Les dés étaient pipés. C’est toute une population que vient de laisser tomber Noranda après 50 ans de bons profits.

Une stratégie qui interpelle Noranda et les gouvernements

Les 3000 métallos du groupe Noranda au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick se sont réuni à deux reprises ce printemps et cet automne pour appuyer les 300 métallos de la Fonderie Gaspé. Les travailleurs du groupe Noranda sont scandalisés des offres ridicules soumises aux travailleurs de Fonderie Gaspé. Ils sont aussi conscients que la compagnie veut créer un précédent pour d’autres fermetures éventuelles. Plusieurs usines du groupe sont dans une position fragile.

Ces travailleurs ont adopté une plate-forme commune de six revendications au sujet de la fermeture de Fonderie Gaspé afin d’obliger la compagnie à se doter d’une politique décente lorsqu’il y a fermeture d’une de ses usines ou de ses mines. Les Métallos demandent 1) que les travailleurs de 50 ans et plus ou ceux ayant 30 ans de service et plus aient droit à une retraite sans réduction actuarielle et sans réduction de leurs avantages sociaux; 2) que la compagnie applique une politique d’embauche préférentielle dans toutes ses autres installations pour les travailleurs victimes d’une fermeture ou d’une mise à pied massive dans une usine ou une mine du groupe Noranda; 3) que Noranda négocie des primes de relocalisation; 4) que les primes de séparation soient bonifiées et que les avantages sociaux demeurent en vigueur selon la durée des primes de séparation; 5) que la compagnie bonifie sa politique de rachat des maisons dans les cas de villes mono-industrielles et 6) que la compagnie mette sur pied un comité de formation et reclassement.

L’action menée aujourd’hui n’est qu’un élément d’une stratégie syndicale qui vise à forcer la compagnie et les gouvernements, tant québécois que fédéral, à prendre leurs responsabilités face aux travailleurs, aux retraités et au résidents à la suite de la fermeture de la Fonderie Gaspé.

Le Syndicat des Métallos (FTQ) représente plus de 55 000 membres au Québec. La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.