Manifestation à Montréal cet après-midi : La Baie et Gap dans la mire des syndicats qui dénoncent les ateliers de misère

Le secrétaire général de la FTQ, René Roy.

Le secrétaire général de la FTQ, René Roy.

Montréal, le 29 mai 2002 – Plus de 500 personnes se sont rassemblées devant le magasin La Baie au square Philips à Montréal, en fin d’après-midi aujourd’hui, pour dénoncer les grandes chaînes comme La Baie et Gap qui ont recours à des ateliers de misère, dans les pays du Sud, pour faire fabriquer les vêtements vendus dans leurs magasins. Ces chaînes encouragent ainsi l’exploitation de milliers de travailleuses et de travailleurs en Amérique latine, en Asie et en Afrique.

La manifestation était organisée par la FTQ et son syndicat affilié, le Syndicat du vêtement, du textile et autres industries (SVTI).

Il y a deux semaines, le SVTI a invité un dirigeant syndical du Lesotho, un pays du sud de l’Afrique, à visiter le Canada et les États-Unis pour témoigner des conditions de travail abusives dans une usine appelée Nien Hsing, qui produit des jeans pour La Baie et Gap. Évoquant les salaires de famine et les conditions de travail terribles des employés, le syndicaliste a dit comment l’employeur a violé le droit des salariés de former un syndicat. Il a raconté un épisode violent qui s’est produit en mars 2002 alors qu’un patron a saisi une paire des ciseaux et poignardé une travailleuse qui essayait d’inciter ses collègues à faire la grève.

Le SVTI a également invité des ouvriers d’Amérique centrale à témoigner de leurs dures conditions de travail dans des usines qui fabriquent des vêtements pour Gap.

M. Bruce S. Raynor, président nord-américain du SVTI, estime que les grandes chaînes, telles La Baie et Gap, sont responsables des conditions de vie inhumaines, des conditions de travail malsaines et dangereuses et de la suppression des syndicats chez leurs sous-traitants dans le monde entier : «Malgré des années d’efforts du mouvement ouvrier pour mieux faire connaître l’existence des ateliers de misère, et malgré la forte désapprobation de l’opinion publique, Gap et la Compagnie de la Baie d’Hudson continuent d’exploiter du pauvre monde au Lesotho et en Amérique centrale pour augmenter leurs bénéfices. Ces détaillants doivent être tenus responsables de la misère de leurs ouvriers dans le monde entier».

Les «bagnards» de l’industrie

De son côté, M. John Alleruzzo, directeur canadien du SVTI et vice-président de la FTQ, réclame le droit à la syndicalisation pour ceux et celles qu’il n’a pas hésité à qualifier de « bagnards » de l’industrie du vêtement et du textile : « Nous exigeons l’adoption par les compagnies d’un code d’éthique garantissant aux salariés le droit de se syndiquer et de se donner des conditions de travail décentes. »

«Nous allons cibler de grandes chaînes au Canada et demander à leurs dirigeants d’adopter une position claire contre les ateliers de misère », dit M. René Roy, secrétaire général de la FTQ. « Nous n’hésiterons pas à sensibiliser leurs clients aux efforts ou à l’absence d’efforts consentis par ces compagnies. »

La manifestation d’aujourd’hui s’inscrit dans la Campagne globale en faveur de la justice pour les ouvriers de vêtement. Elle fait partie d’un mouvement grandissant au Québec et au Canada en vue de forcer les détaillants à assumer leurs responsabilités sur la question des ateliers de misère.

La coalition est formée d’organisations syndicales du Canada, des États-Unis, du Mexique, du Nicaragua, du Guatemala, de la République Dominicaine, du Salvador, du Honduras, de la Thaïlande, de Hong Kong et du Lesotho. Au Québec, la FTQ, dont sont membres les quelque 12 000 syndiqués québécois du SVTI, fait partie de la coalition.

Le SVTI est le plus important syndicat dans l’industrie du textile et du vêtement en Amérique du Nord ; il représente plus de 250 000 membres aux États-Unis, au Canada et au Québec. La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.

Les personnes intéressés par ce mouvement peuvent obtenir plus de renseignements sur Internet à l’adresse suivante : www.behindthelabel.org » target= »_blank »>www.behindthelabel.org