Lutter pour la vie : partout la même urgence!

Conférence de presse SQEES-FTQ

Conférence de presse SQEES-FTQ

Québec, mercredi 13 avril 2005 – « Il est impérieux que le gouvernement du Québec mette, une fois pour toutes, la vie au centre de ses priorités », a déclaré le président de la FTQ, M. Henri Massé, après avoir évoqué les inégalités qui sévissent actuellement dans les services pré-hospitaliers d’urgence au Québec et en procédant au lancement d’une campagne publique de son affilié, le Syndicat québécois des employées et employés de service, section locale 298 (FTQ), qui se tiendra partout à travers le Québec du 13 au 27 avril, sous le thème Lutter pour la vie : partout la même urgence!

À cette occasion, le président de la FTQ était accompagné de M. Raymond Forget, président du SQEES-298 et vice-président de la FTQ, de M. Mario Harvey, technicien ambulancier paramédic de Charlevoix et président du Comité provincial des services pré-hospitaliers d’urgence du SQEES-298 (FTQ) et de techniciens ambulanciers de diverses régions du Québec.

Les services pré-hospitaliers d’urgence au Québec : un constat déplorable et inacceptable

Sur la base de témoignages concrets, en provenance de plusieurs régions du Québec, dans un document qui s’adresse à la population, le SQEES-298 (FTQ) dresse un bilan désastreux des services pré-hospitaliers d’urgence au Québec. Il démontre notamment que les horaires 7/14 retardent le temps de réponse et compromettent les chances de survie et que la formation est déficiente et déficitaire.

À titre d’exemple, les techniciennes et les techniciens ambulanciers paramédics de certaines régions n’ont reçu aucune formation en ce qui concerne l’administration de médicaments. La formation des répartiteurs et répartitrices est, elle aussi, inégale et pourtant tout aussi indispensable : entre le moment où l’appel d’urgence est placé et l’arrivée des secours, les connaissances d’une personne d’expérience peut faire toute la différence.

« Deux questions de fond découlent du constat des techniciennes et techniciens ambulanciers paramédics que nous représentons : quelle valeur le gouvernement accorde-t-il à la vie des Québécoises et des Québécois? La vie a-t-elle une valeur différente d’une région à l’autre du Québec? » a déclaré M. Raymond Forget en soulignant que la pauvreté des ressources et le manque de formation font en sorte que le Québec ne peut répondre adéquatement à la norme « Golden Hour ».

Cette norme établit que la désincarcération, les manœuvres de mobilisation, les manœuvres respiratoires et le transport à l’hôpital doivent être faits à l’intérieur d’une heure, pour sauver la vie des personnes dans les cas de catastrophe, d’accident ou de trauma. « Le moyen pour pallier à cette lacune est sans contredit une formation plus poussée, celle de paramédic; elle est essentielle partout et une nécessité dans de vastes territoires » a souligné monsieur Forget.

Des horaires, des ressources et la formation de paramédics pour améliorer le temps de réponse et les chances de sauver des vies, partout au Québec

La demande des techniciens et des techniciennes ambulanciers paramédics du SQEES-298 (FTQ) est claire. Pour permettre des horaires qui tiennent compte de l’urgence, il faudra augmenter les ressources qui sont déjà insuffisantes. Pour augmenter l’efficacité des interventions, il faut accroître et intensifier la formation, la reconnaître, l’uniformiser et instaurer des programmes de formation continue.

« Ce n’est pas la première fois que nous demandons l’uniformisation de la formation et des protocoles d’intervention et nous ne sommes pas les seuls à le faire. À titre d’exemple, le Collège des médecins du Québec a fait cette demande en février 2000 en dénonçant le fait que l’organisation des soins pré-hospitaliers d’urgence soit différente d’une région à l’autre » a précisé monsieur Mario Harvey en présentant les cartes postales qui seront distribuées à la population pour signature. Toutes ces cartes seront remises personnellement au ministre de la Santé et des services sociaux après le 27 avril.

« Notre démarche devrait convaincre le ministre de l’urgence et de la nécessité d’agir. S’il ne l’est pas, qu’il vienne lui-même mettre des visages sur ceux et celles qui attendent notre arrivée dans la crainte et la douleur, sur ceux et celles que nous devons rassurer, stabiliser et conduire en toute vitesse à l’hôpital. Quelques jours, peut-être même un seul appel d’urgence, devraient lui suffire à comprendre que nous manquons de moyens et de formation » a poursuivi monsieur Harvey.

Henri Massé invite la population à réagir massivement

« Les techniciennes et techniciens ambulanciers paramédics du SQEES-298 (FTQ) ne comprennent pas l’inertie du gouvernement dans un dossier aussi capital et ils espèrent que les citoyennes et les citoyens du Québec lui feront savoir, en grand nombre, qu’ils veulent des services pré-hospitaliers d’urgence à la hauteur de l’importance que nous devons accorder à la santé et à la vie et ce, d’un bout à l’autre du Québec. J’invite donc la population à appuyer massivement leur mouvement pour faire bouger le gouvernement » a conclu le président de la FTQ.