L'utilisation de spécialistes

Que ce soit pour la préparation des textes du régime de retraite, son administration ou l’évaluation des engagements du régime, le comité de retraite peut et a tout intérêt à faire appel à des experts. Pour l’élaboration de la politique de placement et la gestion des actifs, il en va de même. L’actuaire conseil et l’administrateur de la caisse de retraite sont souvent mis à contribution pour la préparation de la politique de placement et pour le choix du gestionnaire.

Toutefois, il faut garder en mémoire que les spécialistes doivent appuyer le travail des membres du comité et non pas les remplacer. Cette nuance est d’autant plus importante que le rapport Kirby, le Rapport du Comité sénatorial permanent des banques et du commerce sur les pratiques de régie interne des investisseurs institutionnels qui fut publié par le sénat canadien en novembre 1998, fait état de la question de la «compétence» des membres des comité de retraite.*1 Ainsi, les sénateurs recommandaient que les personnes nommées au conseil d’administration d’un régime de pension devaient posséder les connaissances voulues pour leur permettre de surveiller efficacement le travail des gestionnaires du fonds.

Cette recommandation des sénateurs a été très mal reçue par le mouvement syndical. De plus, elle allait à l’encontre de la loi québécoise qui confie l’administration des régimes de retraite à un comité où les participants doivent obligatoirement être représentés. Il est heureux que le gouvernement du Québec n’ait pas acquiescé à cette recommandation dans la réforme qu’il envisage.*2 Au contraire, il propose des mesures favorisant une implication accrue des participants et des participantes. Nous pensons que la formation des membres du comité de retraite, plutôt que leur remplacement par des experts, constitue la meilleure manière d’assurer la bonne gestion du régime de retraite.
Lorsque les membres d’un comité de retraite choisissent les spécialistes qui les appuieront dans leurs fonctions, ils ont une première opportunité de faire travailler les sommes accumulées dans leur caisse pour le développement du Québec. En favorisant, à qualités égales, des spécialistes d’ici, on encourage la création d’emplois de qualité et l’émergence d’une expertise québécoise.

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*1. Rapport du Comité sénatorial permanent des banques et du commerce, Les pratiques de régie interne des investisseurs institutionnels, 1998, (non paginé, sur Internet).
*2. Le projet de loi 102, Loi modifiant la Loi sur les régimes complémentaires de retraite.