L'Université de Montréal contre l'équité

Ci-desus, Lucie Bouchard, Sylvie Goyer, Huguette Simard, Claudine Pagé, membres du comité d'équité salariale du SCFP 1244, et Michel Ducharme, président du syndicat. <br><i>Photo Service de l'information SCFP</i> <br>Source: scfp.qc.ca

Ci-desus, Lucie Bouchard, Sylvie Goyer, Huguette Simard, Claudine Pagé, membres du comité d'équité salariale du SCFP 1244, et Michel Ducharme, président du syndicat.
Photo Service de l'information SCFP
Source: scfp.qc.ca

Montréal, le 4 septembre 2003 – La direction de l’Université de Montréal refuse d’accorder l’équité salariale à ses employés de soutien malgré l’avis de la Commission des droits de la personne, qui donne raison au syndicat. Le 12 juin dernier, la Commission faisait suite à une plainte déposée en 1996 par le syndicat des employés de soutien de l’Université de Montréal (SCFP 1244), et reconnaissait l’existence d’une «discrimination fondée sur le sexe dans le système d’évaluation et la structure salariale». Par conséquent, la Commission donnait à l’Université jusqu’au 12 septembre, 15h00, pour remédier à cette injustice et verser 35 millions de dollars aux employés lésés.

La semaine dernière, l’Université a officiellement signifié au syndicat qu’elle n’entendait pas donner suite aux recommandations de la Commission des droits de la personne et qu’elle poursuivait les procédures juridiques. La Commission devrait donc référer la cause au Tribunal des droits de la personne, qui a le pouvoir d’obliger l’Université à se soumettre à son jugement.

Il va sans dire que le syndicat des employés de soutien est outré par l’attitude de la direction. La vice-présidente et responsable du comité de l’équité salariale, Sylvie Goyer, n’en revient pas, «Nos membres ont fait une grève de plusieurs semaines le printemps passé, en bonne partie pour dénoncer l’absence d’équité salariale, la Commission des droits de la personne nous donne raison et l’Université de Montréal continue à nier la réalité. La direction pratique la politique de l’autruche et se croit la seule à détenir la vérité». En effet, sous prétexte que la question de la juridiction de la Commission des droits de la personne par rapport à l’arbitre de grief n’est toujours pas tranchée, l’Université refuse de bouger. «Ils cachent leur immobilisme et leur pingrerie derrière le paravent pratique d’un imbroglio juridique. Non seulement les femmes devront-elles attendre plus longtemps pour obtenir justice, mais la direction va dilapider les fonds publics dans des procédures inutiles», soutient Sylvie Goyer. De plus, la direction justifie sa décision en soulignant que son plan d’évaluation est le même que celui du secteur public. Le SCFP rappelle à l’Université de Montréal que le dossier de l’équité salariale n’est toujours pas réglé au Québec et qu’en Ontario, le règlement obtenu a accordé plus de 400 millions de dollars aux femmes employées par l’État.

Profitant du lancement de timbre commémorant le 125e anniversaire de l’institution, plusieurs employés de soutien de l’Université de Montréal ont brandi des pancartes dénonçant la position de leur employeur dans le dossier de l’équité salariale. «La situation est assez ironique, pour ne pas dire carrément loufoque. Pendant que Jacques Boucher, président des fêtes du 125e, vante partout l’Université pour son rôle important dans le progrès social et la réflexion sur les enjeux de société, la direction refuse d’accorder un traitement équitable aux femmes qu’elle emploie. Il n’y vraiment pas de quoi faire le paon et donner des leçons aux autres», conclut Sylvie Goyer.

Le SCFP représente quelque 15,000 membres dans le secteur de l’éducation au Québec. En plus de ce secteur d’activité, le SCFP est présent dans 10 autres secteurs, entre autres, la santé et les services sociaux, les municipalités, les transports urbain et aérien, les sociétés d’État et organismes publics québécois, l’hydroélectricité et les communications. Comptant au total près de 100,000 membres au Québec, il est le plus important syndicat affilié de la FTQ.