Loi sur l'assurance parentale : Pour la FTQ, Québec donne d'une main et retire de l'autre

Montréal, 25 mai 2001 - À la suite de l’adoption aujourd’hui de la Loi sur l’assurance parentale, le président de la FTQ, M. Henri Massé, a émis la déclaration suivante :

« La Loi sur l’assurance parentale est enfin adoptée. Cette loi, la FTQ la réclamait depuis de nombreuses années pour aider les familles, les femmes surtout, et les jeunes couples qui veulent avoir des enfants. Oui, c’est un gain important pour les familles québécoises en autant que Québec rapatrie l’argent de l’assurance-emploi d’Ottawa à cet effet. Québec vient donc de poser un dernier clou à l’édifice de la politique familiale mise en branle en 1996.

« Le problème, c’est que le clou a percé un autre programme québécois, le retrait préventif de la femme enceinte ou qui allaite, auquel le gouvernement a retranché quatre semaines. Ce programme reconnaît que les conditions de travail peuvent présenter des risques durant la grossesse et permet aux travailleuses enceintes de toucher 90 % de leur salaire si leur médecin les retire du milieu de travail, à titre préventif. Ce n’est donc pas un congé de maternité, c’est un programme de prévention inscrit dans la Loi sur la santé et la sécurité du travail pour les travailleuses enceintes ou qui allaitent et qui reconnaît l’obligation pour l’employeur d’éliminer les dangers à la source.

« La FTQ trouve aberrant que le gouvernement ait introduit en catimini, après les consultations publiques, un amendement pour réduire la durée – et les prestations – du retrait préventif de quatre semaines avant l’accouchement, afin de financer une partie de l’assurance parentale. Québec donne d’une main et retire de l’autre. Il imite Ottawa qui pige sans vergogne dans la caisse de l’assurance-emploi. La FTQ regrette vivement que Québec se soit entêté dans cette voie. Notre joie de voir adopté le régime d’assurance parentale est assombrie par la décision du gouvernement de gruger dans un autre programme social acquis de haute lutte par les femmes et les syndicats.

« Québec recherche un large consensus pour faire pression sur le gouvernement fédéral afin de rapatrier l’argent de l’assurance-emploi, mais son accroc est tellement gros que la FTQ va poursuivre sa réflexion avant de lui donner son appui. »