Les syndiqués du Wal-Mart de Jonquière reçoivent l'appui de plus de 200 membres de la communauté universitaire internationale

Montréal, le 30 mars 2005 – Plus de 200 intellectuels signent une pétition dénonçant l’attitude méprisante de Wal-Mart face à ses employés qui souhaitent améliorer leurs conditions de travail. Les signataires de la pétition sont pour la plupart des professeurs d’université, dont plusieurs sont rattachés aux plus prestigieuses institutions de la planète : Harvard, Yale, Stanford, Berkeley, MIT, Oxford, Cambridge et autres. Ces intellectuels souhaitent prêter leur voix à la mobilisation internationale en faveur d’un plus grand respect des ses employés par Wal-Mart. La pétition dénonce aussi bien l’attitude générale de Wal-Mart que son arrogance face à la syndicalisation récente des employés de son magasin de Jonquière, au Québec. Rappelons que le géant américain a annoncé la fermeture de ce magasin après que ses employés de l’endroit se furent syndiqués. La pétition réprouve la politique de Wal-Mart visant à décourager et à empêcher ses employés d’exercer leur droit à la syndicalisation. Les cosignataires jugent essentiel que Wal-Mart reconnaisse les représentants syndicaux librement choisis par ses employés et accepte de discuter et de travailler de bonne foi avec eux.

Cet appui est jusqu’à présent l’une des plus importantes expressions de solidarité à l’endroit de la main-d’œuvre du géant américain, laquelle se compose d’une forte majorité de femmes. Il est à noter que le salaire annuel moyen d’« une employée à temps plein », selon la définition de Wal-Mart, s’établit à 12 000 $ canadien (9960 $ US.) Parmi les signataires de cette pétition on retrouve entre autres:

Noam Chomsky, Massachusetts Institute of Technology
Hoyt Wheeler, University of South Carolina
Elaine Bernard, Harvard University
Richard Hyman, London School of Economics
William Brown, Cambridge University
Jeffrey Pfeffer, Stanford University
Clyde Summers, University of Pennsylvania
David Montgomery, Yale University
Philip Alston, New York University and past-chair, UN Committee on
Economic, Social and Cultural Rights
Gregor Murray, professeur relations industrielles, Université de Montréal
Guylaine Vallée, professeur droit du travail, Université de Montréal
George Strauss, University of California at Berkeley
Manfred Weiss, University of Frankfort
Harley Shaiken, University of California at Berkeley
Frank Reid, University of Toronto
Thomas Kochan, Massachusetts Institute of Technology
Julius Getman, University of Texas
Nelson Lichtenstein, University of California at Santa Barbara
Mel Watkins, Carleton University
Pour la liste complète des signataires voir plus bas.

L’initiateur de cette pétition le président de la Society for the Promotion of Human Rights in Employment (SPHRE), le professeur émérite Roy Adams, de l’Université McMaster en Ontario, a commenté la fermeture du Wal-Mart de Jonquière en ces termes : « La décision de Wal-Mart de fermer ce magasin récemment syndiqué nous consterne. Non seulement le droit de se syndiquer et de négocier est-il reconnu par la loi du Canada, mais encore, c’est un droit fondamental. Or, enchaîne M. Adams, c’est un fait établi et bien documenté que Wal-Mart a comme politique de décourager ses employés d’exercer ce droit fondamental et de les empêcher, lorsqu’ils décident de le faire, d’en récolter les fruits. À nos yeux, il est essentiel que tout citoyen corporatif respecte les droits de la personne. Afin de se conformer aux normes internationales des droits de la personne, Wal-Mart doit cesser de s’opposer systématiquement à la syndicalisation et plutôt reconnaître et accepter de discuter équitablement avec les représentants librement choisis par ses employés. Elle doit travailler avec eux en toute bonne foi pour établir conjointement les solutions aux problèmes qu’ils soulèvent. »
NOTE : Roy Adams commentera cette pétition en présence des médias aujourd’hui le mercredi 30 mars, de 11 h 00 à 13 h 30, à l’Université de Montréal – Pavillion des relations industrielles 3150, boul. Jean-Brilliant, angle de la rue Decelles, salle C 8123.
À propos de la SPHRE
La Society for the Promotion of Human Rights in Employment (SPHRE) a vu le jour à l’automne 1997. Sa mission fait l’objet d’un vaste consensus et est endossée par un grand nombre d’organismes, dont l’ONU, l’Organisation internationale du Travail, l’OCDE, l’OMC, la Confédération internationale des syndicats libres et l’Organisation internationale des employeurs.
La SPHRE a comme objectif de faire connaître, comprendre et respecter les droits fondamentaux du travail. Aussi milite-t-elle notamment en faveur de l’élimination du travail des enfants, du travail forcé et de la discrimination en milieu de travail, tout en faisant la promotion de la liberté d’association et du droit à la syndicalisation et à la négociation collective, pour ne citer que quelques exemples. Pour plus d’information: www.sphre.org

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Pour plus de détails ou pour communiquer avec le professeur Roy Adams mercredi:
Carlo Tarini, Impact Communication (514) 916-2436