Les syndicats consultés votent massivement en faveur du principe d'une grève générale s'il le faut

Le président et le secrétaire général de la FTQ, MM. Henri Massé et René Roy<br><br>  <font color=blue>Autres informations</font></b>

Le président et le secrétaire général de la FTQ, MM. Henri Massé et René Roy

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Montréal, le 2 juin 2004 —Les syndicats de la FTQ consultés à ce jour ont voté massivement, à plus de 90 %, en faveur du « principe d’une grève générale qui pourrait être déclenchée dans le cas d’une attaque frontale contre l’ensemble ou une partie des membres de la FTQ, rendant nécessaire un recours de cette nature », a annoncé aujourd’hui le président de la centrale, M. Henri Massé.

Près de 60 % des quelque 5000 syndicats locaux de la plus grande centrale syndicale du Québec ont été consultés jusqu’à présent. « Ce nombre devrait atteindre près de 90 % d’ici la fin de juin, a indiqué de son côté M. René Roy, secrétaire général de la FTQ. Les votes en faveur de la grève sont aussi forts dans le secteur privé, où travaillent les deux tiers des membres de la FTQ, que dans le secteur public. »

« Nous verrons si les conditions que nous avons fixées sont éventuellement réunies pour le déclenchement de cette grève, ajoute M. Massé. Nous pouvons actuellement reprendre en l’adaptant la formule célèbre : pas nécessairement la grève mais la grève si nécessaire. Nous n’avons fixé à cet égard aucune limite dans le temps. Tout dépendra de l’attitude du gouvernement Charest et du patronat. »

« Pour le moment, dit M. Massé, nous poursuivons notre consultation. Nous avons également mis en place une structure de coordination de nos syndicats qui nous permettra de passer à l’action rapidement. Et si jamais nous devons recourir à ce moyen ultime qu’est la grève générale, nous allons d’abord tenir un congrès extraordinaire de la FTQ. »

« De notre côté, nous n’avons pas posé comme condition que cette grève soit déclenchée uniquement si les autres centrales sont prêtes à la faire, ajoute M. Roy. Nous voulons un mandat FTQ pour une grève de nos membres. Bien sûr, nous allons en discuter, le cas échéant, avec nos amis des autres centrales. »

Pacte de solidarité syndicale
En votant sur la grève, les syndicats de la FTQ ont également voté pour le Pacte de solidarité syndicale adopté par le Conseil général de la FTQ, l’instance suprême de la centrale entre les congrès, le 24 février dernier.

Ce pacte précise que les syndicats affiliés s’engagent à « tout mettre en œuvre pour appuyer ceux et celles d’entre nous qui seraient frappés par les mesures découlant des lois adoptées en décembre 2003 », par exemple pour contrer la sous-traitance de « cheap labour » ou pour soutenir les membres de la FTQ dans le secteur de la santé qui se battent contre le démantèlement de leurs syndicats.

« Notre Pacte de solidarité syndicale nous permet de recourir à toute une série de moyens d’action pour lutter contre le gouvernement Charest et les employeurs. La grève générale est le moyen ultime mais il y a beaucoup d’autres moyens d’agir. Par exemple, la manifestation de 100 000 personnes que nous avons tenue le 1er mai à Montréal, du jamais vu, était un solide avertissement au gouvernement et au patronat », rappelle M. Massé.

La « clause Charest »
« Pour boucher le trou ouvert par le gouvernement Charest dans l’article 45 du Code du travail, nos syndicats ont commencé à négocier une clause particulière dans leurs conventions collectives, note M. Roy. Cette clause, qui vise à protéger nos membres contre les effets négatifs de la sous-traitance, nous l’appelons la « clause Charest ». Pour le moment, on remarque une certaine prudence chez les employeurs mais nous sommes vigilants. Nous serons prêts à riposter s’ils veulent nous essayer. Les syndicats de la FTQ réagiront tous ensemble, solidairement, et nous ferons des exemples. »

Quelques conflits de travail localisés portent actuellement sur cette question. « S’ils ne se règlent pas rapidement, nous allons prendre les moyens pour qu’ils se règlent », prévient M. Roy.

Appel au dialogue
En conclusion, le président de la FTQ a de nouveau lancé un appel au gouvernement Charest, comme il l’avait fait dans son message de fin d’année : « Je demande au premier ministre de renouer un véritable dialogue avec les syndicats et les organisations représentatives de la société civile. Nous voulons un vrai dialogue, un dialogue constant, sur les enjeux auxquels la société québécoise est confrontée actuellement et pour les années à venir. Un gouvernement qui bat des records d’impopularité devrait prendre le temps de bien écouter les syndicats et le reste de la population. »