« Les Québécois et les Québécoises sont encore loin de pouvoir aspirer à une retraite à l’abri des soucis ! » — Michel Arsenault, président de la FTQ

La FTQ à la Commission des finances publiques sur le rapport D’Amours

Québec, le 20 août 2013. — Dans un mémoire présenté aujourd’hui, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) affirme que le rapport D’Amours représente un pas dans la bonne direction, mais considère que le comité d’experts n’a pas terminé ses devoirs et a accouché d’un document incomplet.

« Nous partageons en grande partie le constat du comité en ce qui a trait à l’insuffisance prévisible des revenus de retraite pour les futurs retraités. Malheureusement, les mesures proposées, telles que la rente longévité, malgré ses forces, comporte beaucoup trop de faiblesses pour en faire une solution intéressante », explique le président de la FTQ, Michel Arsenault.

Consulter le mémoire de la FTQ présenté à la Commission des finances publiques sur le rapport « Innover pour pérenniser le système de retraite » (Rapport D’Amours).

La FTQ, qui a participé activement aux consultations depuis le début du processus, a toujours soutenu que la meilleure façon d’assurer une retraite à l’abri des soucis, et ce, à un coût modeste, consiste à améliorer substantiellement le taux de couverture du Régime de rentes du Québec (RRQ). En ce sens, la rente longévité constitue un pas vers une sécurité financière accrue pour les futurs retraités, mais ne règle malheureusement en rien le problème de la pauvreté entre le moment de la prise de la retraite et l’âge de 75 ans.

« Les experts du comité tiennent pour acquis que les travailleurs et les travailleuses épargneront suffisamment pour leur retraite. Considérant le niveau inquiétant de l’endettement des ménages, il s’agit d’un vœu pieux. De plus, étant donné que l’espérance de vie des plus pauvres est de 74 ans, cette mesure rate complètement sa cible », déplore Michel Arsenault.

« Une retraite à l’abri des soucis » : une campagne plus pertinente que jamais !

En raison de ces inconvénients et de l’insuffisance de la rente longévité, la FTQ continue de privilégier la bonification du RRQ. Cette mesure tient compte des nouvelles réalités du marché du travail en plus de favoriser l’équité intergénérationnelle. Tel que le revendiquent la FTQ et une centaine de groupes membres de la campagne FTQ Une retraite à l’abri des soucis, la bonification au RRQ serait entièrement capitalisée et ferait doubler les rentes de 25 % à 50 % du revenu du travail en portant de 50 100 $ à 66 000 $ le maximum des gains admissibles.
Régimes complémentaires de retraite : une réforme s’impose !

La FTQ partage l’avis du comité d’experts en ce qui a trait à la supériorité des régimes à prestation déterminée. À ce titre, la centrale presse le gouvernement d’agir avec célérité afin d’assurer la pérennité de ces régimes.

Toutefois, la FTQ déplore qu’aucune recommandation ne soit proposée afin de favoriser l’émergence de ces régimes, de protéger la rente des retraités en cas de faillite ou d’interdire toute forme de disparité de traitement qui désavantage les travailleurs et travailleuses les plus jeunes.

La FTQ dénonce de plus le biais anti-régime public, notamment des municipalités et des universités, contenu dans l’ensemble du rapport. Si ces mesures étaient adoptées telles quelles, elles auraient un impact catastrophique pour les régimes du secteur public en faisant passer les déficits de 5 à 9 milliards. Le comité aurait plutôt dû s’inspirer des travaux exécutés à la table de concertation regroupant l’ensemble des partenaires.

« Il apparaît assez clair que le seul objectif derrière ça est de forcer indûment les travailleurs et les travailleuses du secteur public à faire d’importantes concessions dans leurs régimes de retraite. », dénonce Michel Arsenault.

Les RVER ne constituent pas un outil efficace et performant

Pour la FTQ, les régimes volontaires d’épargne retraite (RVER) ne représentent pas une bonne solution pour assurer une sécurité financière à la retraite. Les RVER souffrent des mêmes problèmes que les REER : contribution facultative des employeurs, frais de gestion élevés, cotisations non immobilisées, possibilité de cesser de cotiser. Le gouvernement ne devrait pas aller de l’avant en mettant en place de tels régimes volontaires d’épargne retraite.

« Selon nous, la sécurité financière à la retraite ne passe pas par une revalorisation de l’épargne individuelle. La retraite ne constitue pas un choix individuel. Il s’agit d’une responsabilité partagée entre le gouvernement, les employeurs et les travailleurs et les travailleuses », déclare Michel Arsenault.
En conclusion, la FTQ a rappelé qu’elle est très préoccupée, pour ses membres, mais aussi pour l’ensemble de la population par la question de la retraite. « Nous sommes très conscients que de ne rien faire n’est pas une option et fidèles à notre habitude, nous prendrons part activement à tout le processus en proposant des pistes de solution pragmatiques et réalistes », conclut Michel Arsenault.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.