Les jeunes, les laissés pour compte de la fusion à Saguenay ?

Jonquière, le vendredi 7 juin 2002 – « Les employés temporaires, saisonniers ou occasionnels de la nouvelle municipalité de Saguenay risquent d’être les laissés pour compte dans le processus de fusion donnant naissance à la nouvelle municipalité de Saguenay. Seuls les employés de Jonquière, dans ces statuts d’emploi, bénéficient d’une protection syndicale au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ) », a déclaré Jean-Marc Crevier, représentant régional de la FTQ.

Les trottoirs à Chicoutimi

« On n’a pas besoin d’aller très loin pour voir ce qui se prépare. On sait que Chicoutimi a besoin de personnel pour refaire les trottoirs. On a contacté des dizaines d’employés compétents qui n’attendent qu’un appel pour s’en occuper à un coût moindre que le privé. Personne ne les a encore contactés.

« C’est clair que les administrations municipales, que ce soit par leurs contacts avec des entrepreneurs privés ou pour des retours d’ascenseur, attendent de voir après le vote syndical du 13 juin pour prendre leurs décisions », a souligné M. Crevier.

Seulement sept saisonniers rappelés au travail

« Les employés qui travaillaient sur les patinoires extérieures ou au Centre de ski Mont Fortin l’hiver étaient rappelés systématiquement dans les équipes de voirie l’été pour l’asphaltage, les travaux d’aménagement paysager, la pose de pelouse, etc.

« L’été dernier, au moins 30 temporaires ou saisonniers avaient été rappelés à cette date pour la voirie. Aujourd’hui, seulement sept employés ont été rappelés, comme si l’administration municipale attendait de voir le résultat du vote syndical pour évaluer si elles vont pouvoir avoir du cheap labour », a fait valoir pour sa part Éric Sénéchal, responsable syndical des employés des patinoires.

Les temporaires ont payé la note pour la fusion de 1975

« Il ne faut surtout pas oublier qu’à l’occasion de la fusion de 1975, ce sont les employés temporaires qui ont payé la note. La FISA (Fédération indépendante des syndicats affiliés) nous avait alors laissés sur la touche comme temporaires en nous excluant de l’unité d’accréditation syndicale.

« Il a fallu attendre 10 ans, jusqu’en 1985, pour qu’on réussisse à se syndiquer et à négocier des conditions de travail décentes », a souligné Jean Perron, Homme d’entretien mécanique au Centre de ski Mont Fortin.

Il faut plus que des mots pour contrer l’exode des jeunes

« Quand on parle de l’exode des jeunes du Saguenay vers les grands centres comme Montréal ou Québec, il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable et penser que les jeunes vont accepter n’importe quoi comme la sous-traitance municipale à Chicoutimi, à peine en haut du salaire minimum », a repris Jean Giasson, mécanicien à l’atelier mécanique de Jonquière et membre du comité jeunes de la FTQ.

Envoyer un message aux jeunes qu’ils ont un avenir dans la région

« Le vote d’allégeance syndicale du 13 juin prochain dépasse largement les batailles de clocher. On devra se donner un rapport de force qui permettra de conserver des emplois de qualité qui enverront le message aux jeunes qu’ils ont un avenir dans la région.

Sinon on peut écrire des dizaines de mémoires, des lettres ouvertes, protester auprès des autorités, les jeunes iront là où on leur offre des possibilités d’emploi qui leur permettront de fonder une famille, de poursuivre des activités qui leur ouvriront des portes pour aller de l’avant », a ajouté Jean-Marc Crevier.

« Jusqu’à la semaine dernière, les municipalités pouvaient toujours se servir de la température non clémente et du gel pour tenter de justifier leur inaction dans le rappel des temporaires ou des saisonniers. Mais là, il faudrait qu’ils se branchent et donnent l’heure juste aux jeunes », a conclu le représentant de la FTQ.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres, dont 25 000 dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.