Les études et le travail

La période de la jeunesse s’allonge comparativement aux générations précédentes et l’entrée définitive sur le marché du travail est plus tardive. Les parcours des jeunes se complexifient, ce qui contribue à diversifier les modes de vie.

Traditionnellement, la fin des études coïncidait avec le début de l’emploi, le départ de la maison familiale, la formation du couple et la création d’une famille. Rares étaient ceux qui dérogeaient à ce parcours. Devenir adulte signifiait l’autonomie résidentielle, économique et affective. Ce cheminement linéaire ne tient plus désormais. Diverses raisons peuvent être évoquées pour expliquer cette nouvelle dynamique.

Tout d’abord, sachant que les choix faits en milieu scolaire et le niveau de scolarité déterminent les conditions d’entrée dans la vie active et les conditions de succès sur le marché du travail, les jeunes choisissent d’être aux études plus longtemps. Cette tendance s’accentue avec l’avènement de l’économie du savoir. Ainsi, les jeunes sont plus scolarisés que leurs aînés et, chez les employeurs, on valorise la formation acquise sur les bancs d’école au détriment de celle acquise en entreprise. Syndicalement, nous devons donc gérer des situations explosives qui opposent des jeunes et des moins jeunes, tant sur le plan de la reconnaissance réciproque des compétences que sur l’accès à l’emploi. Le débat entre la formation et l’ancienneté fait rage.

Par ailleurs, la spécialisation requise des travailleurs et des travailleuses pour combler les emplois a suscité le développement d’une panoplie de filières professionnelles où toute personne non avisée peut facilement se perdre. Or, les coupes budgétaires dans le réseau de l’éducation ont décimé les professionnels en orientation scolaire, ce qui contribue à accentuer les embûches.

En fait, les jeunes entrent à la fois plus tôt et plus tard sur le marché du travail. Plus tôt parce qu’ils ont l’occasion de travailler à temps partiel tout en poursuivant leurs études. À cet égard, les données statistiques démontrent que la proportion des jeunes qui cumulent emploi et études a doublé en à peine vingt ans. D’autre part, les jeunes effectuent une entrée définitive sur le marché du travail plus tardive parce qu’ils sont aux études plus longtemps.

On remarque une hausse du nombre de jeunes qui continuent à cohabiter avec leurs parents. Le font-ils seulement pour des raisons économiques ou de prolongement des études ? On ne saurait le dire avec certitude car il faut aussi constater que la vie de couple se fait plus rare alors que la vie avec des colocataires augmente. Il faut également ajouter à ce portrait qu’un certain nombre d’années s’écoulent entre le moment de la formation d’un couple et la naissance du premier enfant. Ainsi, pour bon nombre de jeunes, la formation d’une famille est reportée vers la fin de la vingtaine. La décision de former une famille relève avant tout de valeurs émotives et culturelles de même que de changements profonds dans la réalité des jeunes femmes d’aujourd’hui.