« Les consommateurs résidentiels n'ont pas à payer davantage que les clients des secteurs commercial et industriel » – Henri Massé, président de la FTQ

Henri Massé, président de la FTQ

Henri Massé, président de la FTQ

Montréal, le 22 janvier 2004 – Rappelant que la FTQ a appuyé la demande de hausses des tarifs d’Hydro-Québec pour assurer son développement et le maintien d’un réseau de qualité, le président de la centrale syndicale, M. Henri Massé, précise que « les consommateurs résidentiels n’ont pas à payer davantage que les clients des secteurs commercial et industriel en vertu d’une soi-disant modulation des tarifs sur la consommation dans le seul secteur résidentiel ».

« Le gouvernement doit venir en aide aux personnes incapables de payer leur facture d’électricité en raison des hausses, c’est à lui de mettre en place des mesures fiscales ou autres pour aider les plus démunis par des crédits, des remboursements ou autres mais ce n’est certainement pas à Hydro-Québec de le faire, surtout pas de la façon douteuse proposée à la Régie de l’énergie », a déclaré le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), dans la foulée de la présentation du plan stratégique de la société d’État en commission parlementaire à Québec.

« D’ailleurs comment Hydro-Québec peut-elle prétendre établir une corrélation à 75 % entre la faible consommation d’électricité et un niveau de faible revenu alors que son représentant, en pleine commission parlementaire mercredi, reconnaissait ne pouvoir apparier les revenus des gens avec les tarifs? », a questionné M. Massé.

Une équation loufoque

« Les familles démunies n’ont pas les moyens de se payer des thermopompes, des systèmes de bi-énergie, des maisons super performantes au plan énergétique et vivent souvent dans des logements peu ou pas isolés.

« Et que dire des gens de l’Abitibi, du Saguenay, de la Côte-Nord, de la Gaspésie ou des régions nordiques exposés aux grands vents et à des températures de moins 40 et moins 50 plus souvent qu’à leur tour? Demandez-leur ce qu’ils pensent de l’équation loufoque avancée par Hydro-Québec entre faible consommation et faible revenu? », a soulevé le président de la FTQ.

Chauffer le dehors

« On aura beau mettre en place des programmes d’assistance aux familles incapables de payer leur facture ou encore les plus beaux programmes d’efficacité énergétique, ça ne forcera jamais les propriétaires de logements locatifs à effectuer des travaux d’isolation.

Disons-le franchement, les pauvres vont continuer à chauffer le dehors et en prime, on va les considérer comme les mieux nantis en terme de consommation », a ironisé le dirigeant syndical.

Hydro-Québec doit refaire ses devoirs

« Comme elle l’a déjà fait, nous demandons à la Régie de l’énergie de renvoyer Hydro-Québec refaire ses devoirs car ce qu’on risque de récolter avec de telles propositions mal ficelées et improvisées, c’est un retour à des sources de chauffage plus polluantes comme le mazout, après des programmes de conversion à l’électricité menés à grand renfort de publicité depuis des décennies », a poursuivi Henri Massé.

Ce qui est bon pour pitou devrait être bon pour minou

« Mais ce qui nous intrigue le plus dans cette histoire, c’est qu’une telle proposition de tarification modulée ne s’applique pas aux secteurs commercial et industriel alors que ces secteurs bénéficient d’un avantage concurrentiel plus élevé que dans le résidentiel sur leurs voisins ontariens, par exemple, sur leurs coûts d’électricité.

Peu importe leur niveau de consommation, les augmentations dans ces secteurs seraient plafonnées uniformément à 2,9 % au 1er avril », a ajouté M. Massé.

Un précédent dangereux

« Il faut prendre très au sérieux les conséquences d’une telle requête de la part d’Hydro-Québec. Il s’agit beaucoup plus que d’une simple technicalité. On parle ici d’une brèche importante, d’un précédent dangereux quant au principe d’équité de traitement qui a prévalu au moment de la nationalisation de l’électricité au début des années 1960.

« Rappelons que ce principe a été consacré par une élection à caractère quasi-référendaire », a conclu le président de la FTQ qui promet de suivre de près l’évolution des travaux sur cette question tant à Québec qu’à la Régie de l’énergie.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale syndicale québécoise, compte plus d’un demi-million de membres dont la presque totalité des salariés d’Hydro-Québec