Les artisans du Monde ouvrier!

Le Monde ouvrier est fabriqué sur une presse à feuilles dix couleurs. Le papier est acheté en rouleau et mis en feuilles à l’usine. Cette presse exige la présence de deux pressiers, car on y effectue des travaux volumineux. Ian et Keven ont appris leur métier avec des plus anciens qui leur ont montré les b.a-ba de la profession. Keven Lavoie est aujourd’hui chef pressier. C’est lui qui supervise et s’assure que le travail est conforme aux devis techniques. Photo : Clément Allard

Le Monde ouvrier est imprimé par des membres du syndicat des Teamsters œuvrant pour Marquis Imprimeur. L’imprimerie est située à Montmagny dans la région de Québec.

Par une très froide journée de cet hiver sibérien, nous sommes allés rencontrer Keven Lavoie et Ian Lessard, deux jeunes pressiers possédant déjà plusieurs années d’expérience dans le métier.

Une quinzaine de pressiers travaillent sur quatre quarts de travail différents, car l’usine est en activité jour et nuit, à l’exception de la nuit du samedi et de la journée du dimanche. Ils impriment principalement des livres, des brochures et des journaux.

C’est un rythme de travail effréné qui est exigeant physiquement, car les presses fonctionnent en continu et les pressiers doivent être attentifs tout Au long du processus. Ils travaillent debout et sont toujours en mouvement d’un bout à l’autre de la presse. « Il n’y a Jamais deux ouvrages pareils et on jongle avec beaucoup d’imprévus ! Il faut être très minutieux, car on a plusieurs choses à surveiller en même temps. Un petit problème Sur une presse peut créer un gros défaut Sur un ouvrage ! »

La rumeur de la mort annoncée des imprimés au Québec est bien répandue, pourtant, le métier est loin d’être en perte de vitesse et la main-d’œuvre est même manquante pour cette profession peu connue. D’ailleurs, la moyenne d’âge des quelque 6 000 pressiers au Québec étant relativement élevée, plusieurs d’entre eux prendront leur retraite au cours des prochaines années et la relève ne se bouscule pas aux portes.

Un métier en constante évolution

Parmi les plus vieux métiers du monde, celui de pressier a beaucoup changé depuis l’avènement des nouvelles technologies. Les presses sont aujourd’hui beaucoup plus performantes et gérées électroniquement.

Plusieurs cordes à leur arc

En plus d’être en grande forme physique, les pressiers doivent avoir des connaissances variées, allant de l’informatique, à la physique des couleurs en passant évidemment par la mécanique des différents types de presses.

« L’emploi du temps par quart de travail a aussi de grands avantages. On fait de longues journées de 12 heures, mais avoir 4 jours de congé permet une conciliation travail et vie personnelle très intéressante. »

Cette visite nous aura permis de poser un nouveau regard sur Le Monde ouvrier, le plus vieux journal syndical au Québec qui vient de fêter ses 99 ans. Merci!

Chronique métier parue dans Le Monde ouvrier no 111 (mars-avril 2015)