Le transfert de 140 employés montréalais d’Air Canada à Toronto : une question de langue?

Montréal, le 8 décembre 2011 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et le syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA-Québec) dénoncent Air Canada qui veut fermer son centre montréalais des opérations aériennes et d’établissement des horaires pour les agents de bord et les pilotes, pour le transférer dans la région de Toronto.

La FTQ et les TCA-Québec ont cherché tant bien que mal à connaître les raisons qui ont poussé Air Canada à prendre cette décision qui bouleverse la vie de quelque 140 personnes affectées à Montréal à l’établissement des horaires des équipages (agents de bord et pilotes) et des opérations aériennes.

« Mais à force de fouiller, a dit Michel Arsenault, le président de la FTQ, on commence à penser qu’il y a anguille sous roche. On sait que la direction du service de contrôle des opérations de systèmes est uniquement anglophone, stationnée à Toronto, en même temps qu’elle a affaire régulièrement avec 140 de nos membres à Montréal. Sur les 6 800 agents de bord avec qui nous faisons affaire, plus de 2 600 sont francophones et s’attendent à échanger en français avec leur employeur. Vont-ils désormais être obligés de transiger uniquement en anglais? La direction d’Air Canada vise-t-elle à avoir sous la main un personnel anglophone? Ou à transférer le siège social à Toronto? Ces questions se posent, d’autant qu’il y a quelques semaines, le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, a déposé un projet de loi visant à assurer qu’Air Canada conserve son siège social à Montréal et que ses divisions continuent d’offrir des services dans les deux langues officielles. »

La FTQ et les TCA-Québec en appellent au gouvernement du Québec pour que celui-ci fasse pression sur Air Canada ainsi que sur le gouvernement fédéral afin de ramener à l’ordre le transporteur aérien.

Air Canada doit renoncer à sa décision

Quant au directeur québécois des TCA, Jean-Pierre Fortin, il presse le transporteur aérien de renoncer à sa décision. « Le temps presse, car cette décision implique qu’un nouvel édifice soit construit dans le voisinage de l’aéroport de Toronto d’ici 2014. Ce transfert est un drame pour nos membres et leurs familles. Plusieurs ont moins de 40 ans, ont de jeunes enfants et sont aux prises avec des maisons hypothéquées. Depuis l’annonce, nous savons que 95 % d’entre eux ne désirent pas déménager à Toronto et que certains parlent déjà de démissionner. Compte tenu de la nature hautement technologique de leur travail, celui-ci peut être parfaitement accompli à Montréal. Avec des installations partout dans le monde et avec des systèmes qui opèrent en temps réel, rien ne justifie qu’on rapatrie à Toronto cette équipe, sous prétexte de regrouper tout le monde au même endroit. »

« Faut-il rappeler que les travailleuses et les travailleurs concernés par ce transfert sont en processus de négociation depuis août 2011 et que le directeur unilingue du service de contrôle des opérations de systèmes est justement à la table de négociations? Curieux hasard! », ont conclu les porte-parole syndicaux. »

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus de 600 000 membres dont plus de
20 000 provenant des TCA-Québec.