« Le port de Montréal est en train de devenir une véritable passoire, la direction met en danger la sécurité des installations » – Henri Massé, président de la FTQ

Graves manquements à la sécurité du port de Montréal

Conférence de presse de la FTQ et du Syndicat des débardeurs du Port de Montréal.  Le président de la FTQ, Henri Massé, et Vincent Thomin, responsable de la santé et sécurité chez les débardeurs. (photos FTQ, Isabelle Gareau)

Conférence de presse de la FTQ et du Syndicat des débardeurs du Port de Montréal. Le président de la FTQ, Henri Massé, et Vincent Thomin, responsable de la santé et sécurité chez les débardeurs. (photos FTQ, Isabelle Gareau)

Montréal, jeudi le 5 octobre 2006 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) questionne la décision de l’administration du port de Montréal et de son président-directeur général, M. Dominic J. Taddeo, de ne plus procéder à la vérification systématique des conteneurs vides, tâche qui était effectuée par des travailleurs avant le 25 septembre dernier.

Open bar pour criminels et terroristes

« Il faut savoir que 400 à 500 conteneurs vides transitent chaque jour par les différentes entrées du port. Or, depuis le 25 septembre dernier, personne ne s’assure que les conteneurs sont bel et bien vides.

« C’est en train de devenir un“ open bar ”pour les organisations criminelles et terroristes », de déclarer le président de la FTQ, M. Henri Massé.

Décision illogique

« La décision de la direction d’abolir quatre postes de travail réservés à l’inspection est illogique », de préciser le directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique, (SCFP-Québec) et vice-président de la FTQ, M. Michel Poirier.

Jouer à la roulette avec la sécurité

« Avant le 25 septembre, les débardeurs avaient la tâche d’inspecter les conteneurs vides, maintenant ils doivent se fier à la parole des transporteurs. C’est complètement loufoque, contradictoire et contraire aux règles élémentaires de sécurité », de mentionner Vincent Thomin, conseiller en santé et sécurité du Syndicat des débardeurs du port de Montréal.

« Depuis 2001, le gouvernement canadien a resserré la sûreté maritime dans les installations portuaires. Tous les employés, débardeurs y compris, font l’objet d’une enquête policière de sécurité. Tous ont des cartes d’identité avec photo et tous les véhicules des travailleurs pénétrant dans le périmètre du port font l’objet d’une fouille minutieuse. La fin des inspections des conteneurs supposément vides, c’est comme jouer à la roulette russe avec la sécurité», d’ajouter M. Thomin.

Pourquoi laisser les clés dans la porte?

La FTQ souligne que depuis 2001 le gouvernement fédéral a investi plus de 930 millions de dollars pour sécuriser les ports du pays. « Des caméras de surveillance ont été installées, le périmètre a été clôturé et l’éclairage amélioré. Pourquoi investir tout cet argent et laisser les clés de la maison dans la serrure de la porte », de questionner le président de la FTQ.

La FTQ considère que la décision de l’administration portuaire met en danger non seulement la sécurité des installations et des travailleurs, mais aussi celle de la population de Montréal.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.