« Le ministre des Finances a choisi de faire la sourde oreille aux revendications des travailleurs et travailleuses du Québec! » - Michel Arsenault, président de la FTQ

Un budget sans surprise

Québec, le 17 mars 2011 – L’occasion était pourtant belle de reporter le retour à l’équilibre budgétaire. Après un rebond de 3 % du PIB réel en 2010, les prévisions pour 2011 et 2012 sont à la baisse, avec 2,0 % et 2,2 % d’accroissement respectivement. Au même moment, les dépenses publiques vont croître plus que prévu.

« Le marché du travail n’est pas à son meilleur, avec un taux de chômage qui demeure élevé et une création d’emplois surtout à temps partiel. Cela aurait dû convaincre le ministre de la nécessité de reporter le retour à l’équilibre budgétaire afin de stimuler davantage l’activité économique. D’autant plus que l’incertitude actuelle à l’échelle internationale peut menacer la reprise », a commenté Michel Arsenault.

Choisissant ainsi de faire la sourde oreille face aux demandes répétées de la FTQ, le ministre a également maintenu la taxe santé, accru les frais de scolarité et reconduit les mesures de tarification annoncées l’année dernière. De plus, on ne voit rien dans le budget pour la relance de l’emploi et la formation de la main-d’œuvre.

Si la FTQ comprend facilement la hausse de cotisation au Régime de rentes du Québec, ce dernier étant sous&#160-capitalisé, elle est déçue de l’accroissement de la pénalité mensuelle pour les rentes demandées avant 65 ans et de la création des Régimes volontaires d’épargne-retraite sans aucune obligation pour les employeurs d’y contribuer.

« Sur ce sujet, la FTQ a fait le choix du RRQ. C’est ce qui coûte le moins cher sur le plan administratif, et mieux encore, c’est universel et les employeurs y participent. C’est une vue de l’esprit de penser que tout le monde a les moyens de se bâtir un fonds de retraite suffisant pour assurer leurs vieux jours.

La FTQ est perplexe face à la position du député péquiste Rebello qui soutient la position du gouvernement, alors qu’il s’était dit d’accord avec la campagne de la FTQ sur la retraite. Souffrirait-il d’un déficit d’attention? Quant à nous, nous continuerons cette campagne pour doubler les rentes et augmenter le revenu sur lequel on peut cotiser afin d’assurer une retraite dans la dignité pour tous et toutes », a ajouté le président de la FTQ.

De rares points positifs

La FTQ apprécie la volonté gouvernementale d’accentuer la lutte à l’évasion fiscale, d’accroître le nombre de place en garderies et de s’engager dans le Plan Nord.

« Pour la FTQ, ce plan pourrait être un projet positif, créateur d’emplois et de richesse, en autant que cela se fasse dans le respect des populations et de leur environnement. Nous saluons aussi l’accroissement des redevances minières. C’est un début, mais il faudra faire davantage dans le futur », a conclu Michel Arsenault.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale du Québec avec plus de 600 000 membres.