« Le ministre Béchard n’aurait pas donné l’heure juste à la population et aux travailleurs. Il doit s’en expliquer et intervenir rapidement » – Michel Arsenault, président de la FTQ

Mobilisation à Chantiers Chibougamau

Montréal, mercredi 12 mars 2008 – Le président de la FTQ, Michel Arsenault, et le directeur québécois du Syndicat des Métallos, Daniel Roy, se disent indignés de l’attitude du ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, dans le dossier de Chantiers Chibougamau.

Le forestier en chef aurait les chiffres en main

« Alors que le ministre Béchard clame depuis des semaines dans les médias qu’il ne dispose pas des calculs pour l’allocation de la ressource forestière pour justifier le fait qu’il ne bouge pas dans ce dossier, voilà qu’on apprend que son propre directeur régional des ressources naturelles pour le Nord québécois le contredit et affirme que le forestier en chef dispose de ces calculs actualisés. Le ministre Béchard doit s’expliquer et surtout, agir rapidement », a fait valoir Michel Arsenault.

Le ministre veut-il éviter de faire face à la situation?

Déjà, le ministre Béchard avait annulé purement et simplement une rencontre prévue de longue date, le 11 mars, avec le président de la FTQ et le vice-président de l’entreprise Chantiers Chibougamau pour discuter de la question. « Est-ce qu’il savait déjà que les nouvelles seraient mauvaises et qu’il a préféré éviter de faire face? », a questionné M. Arsenault.

Il y a urgence en la demeure

La FTQ appuie la population, et même les représentants locaux du patronat de Chibougamau ainsi que les Métallos de la scierie Chantier Chibougamau qui luttent actuellement pour la survie économique de leur coin de pays.

« Nous invitons le ministre Béchard à cesser d’user de faux-fuyants et à trouver une solution à une problématique forestière spécifique à la région de Chibougamau qu’il connaît fort bien. Le fond du problème est l’accès à la ressource forestière », a déclaré le président de la FTQ.

Des solutions novatrices

« Il faut comprendre qu’il y a des contraintes à Chibougamau. Par exemple, nous avons des limites d’exploitation liées aux zones de trappage, notre bois est très éloigné de l’usine et nous devons payer plus cher notre CAAF.

« Le Québec a fait un choix de société en négociant la Paix des Braves de nation à nation. Nous comprenons cela. Mais ces contraintes doivent être partagées par l’ensemble de la collectivité québécoise et non seulement par la population de Chibougamau. Le ministre doit trouver des solutions novatrices », a indiqué Daniel Roy.

Une entreprise exemplaire

Le gouvernement Charest cite en exemple l’entreprise Chantiers Chibougamau. Cela prend 3 500 m3 de bois pour créer un emploi dans cette industrie au Québec. À Chantier Chibougamau, cela prend 1 000 m3 pour créer un emploi. De plus, elle s’est lancée dans la deuxième et troisième transformation avec notamment la poutrelle de bois.

« Pourtant le gouvernement refuse toujours de résoudre son problème d’approvisionnement. Nous ne comprenons pas que ce gouvernement n’encourage pas une entreprise d’ici qui crée des emplois et qui est prête à investir. C’est quoi le problème? Il ne faut oublier que 800 emplois à Chibougamau, c’est l’équivalent de dizaines de milliers d’emplois à Montréal », ont conclu les dirigeants syndicaux.

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