« Le ministre Bachand ne fait que repousser le problème sans le régler » – Henri Massé, président de la FTQ

Heures d’ouverture : la porte reste grande ouverte aux magouilles et au non-respect de la loi

Le président de la FTQ, Henri Massé.

Le président de la FTQ, Henri Massé.

Montréal, jeudi le 9 novembre 2006 – Réagissant aux déclarations du ministre Raymond Bachand, qui s’apprêterait à repousser la mesure d’exception des quatre employés à 21 h au lieu de 17 h les samedi et dimanche, tout en ne prévoyant que quatre journées de fermeture complète des établissements par année, les dirigeants de la FTQ et des TUAC exigent un vrai règlement du problème plutôt qu’un pelletage par en avant.

Tout le monde sait que la loi n’est pas respectée

« Pourquoi tourner autour du pot? Quand on veut réellement régler un problème, on ne met pas en place des demi-mesures qui gardent la porte toute grande ouverte à l’hypocrisie, aux magouilles de la part des propriétaires de commerce.

« Tout le monde sait, y compris le ministre Bachand, que la loi n’est pas respectée, qu’il n’y a pas suffisamment d’inspecteurs et que les commerces préfèrent payer les amendes plutôt que de se conformer à la loi. Ça n’est sûrement pas en appliquant des mesures timides et purement cosmétiques qu’on va changer cette situation », a fait valoir le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Henri Massé.

Ouverture universelle de 8 h à 21 h et meilleure assignation du personnel

« C’est à se demander si un certain lobby des commerces est plus fort que le gros bon sens auprès du ministre. Une plage d’ouverture de 8 h à 21 h, sept jours semaine, viendrait abolir la règle limitant le nombre d’employés à quatre et permettrait de maintenir le fragile équilibre entre les petits commerces, les dépanneurs et les grandes surfaces », a indiqué pour sa part Louis Bolduc, directeur québécois des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) et vice-président de la FTQ.

« Tous y trouveraient leur compte, y compris les employés qui ont à essuyer, plus souvent qu’à leur tour, la frustration de clients pris dans de véritables bouchons aux caisses enregistreuses. Toute modification de la loi doit prendre en compte à la fois la nécessité d’une meilleure assignation du personnel là où ça compte vraiment et une meilleure qualité de vie et de travail des employés », a repris Yvon Bellemare, président du Conseil provincial des TUAC.

Un peu de courage politique

« Le ministre ne doit pas faire semblant de régler le problème. Il doit avoir le courage d’abolir totalement la mesure des quatre employés, d’obliger la fermeture complète des établissements sept journées par année et d’imposer des plages horaires qui répondent aux besoins de tous.

« Avec les mesures qu’il propose actuellement, le ministre ne fait qu’appliquer un pansement sur une jambe de bois tout en faisant illusion de s’attaquer au problème des heures d’ouverture. S’il n’a pas le courage politique pour régler le problème, qu’il nous laisse vivre avec le statu quo plutôt qu’avec une proposition alambiquée», ont conclu Henri Massé et Louis Bolduc.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.

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Source : FTQ et TUAC
Renseignements : Jean Laverdière, 514 893-7809