« Le gouvernement Harper doit dégager dès maintenant des garanties de prêt pour soutenir l’industrie et les travailleurs » – Henri Massé, président de la FTQ

Dénouement en vue dans le dossier du bois d’œuvre

Photo de Henri Massé, président de la FTQ

Le président de la FTQ, Henri Massé était de passage à Rouyn-Noranda ce mercredi afin de s’adresser à la centaine de délégués du Conseil provincial du secteur des affaires sociales (CPAS) du SCFP qui sont réunis en congrès. Lors de son allocution, le président de la FTQ est revenu sur les dernières négociations dans le secteur public en dénonçant entre autre la loi 142 et le gel des salaires imposés par le gouvernement libéral.

Rouyn-Noranda, mercredi le 26 avril 2006. – Dans la foulée de ce qui s’annonce comme le dernier droit d’une négociation décisive entre les États-Unis et le Canada dans le dossier du bois d’œuvre, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) demande au gouvernement Harper de s’engager résolument, et dès maintenant, à dégager des garanties de prêt.

Ces garanties devraient se situer à la hauteur des montants à percevoir sur la surtaxe retenue par les Américains en guise de mesure d’urgence pour venir en aide à l’industrie forestière et à ses travailleurs, notamment au Québec.

Une situation d’urgence qui commande des mesures d’urgence

« Même si on avait un règlement vendredi, selon les rumeurs persistantes, et quel que soit ce règlement, des milliers de travailleurs et leurs familles vivent actuellement une situation d’urgence qui nécessite des mesures d’urgence.

« Des ressources humaines quittent actuellement les villes et villages touchés, comme Lebel-sur-Quévillon, et ces gens ont besoin d’oxygène, d’être rassurés sur la suite des choses », a repris le président de la FTQ, M. Henri Massé de passage à Rouyn-Noranda.

Des régions durement éprouvées

Le président de la FTQ rappelle que le gouvernement du Québec a déjà fait un pas dans la bonne direction à l’occasion de son dernier budget en décrétant des mesures (garanties de prêt aux entreprises, aide aux travailleurs touchés, etc.).

Ces mesures ont été accueillies comme une lueur d’espoir dans des régions durement éprouvées depuis près de cinq ans, non seulement par le contentieux du bois d’œuvre, mais également par la hausse des coûts de l’énergie, par la faiblesse du dollar, par la baisse de la ponction sur la ressource.

Un message de confiance à l’industrie et aux travailleurs

« Toute négociation, surtout à un stade décisif, est fragile et notre intervention ne vise surtout pas à nous immiscer dans les discussions qui semblent enfin sérieuses entre les émissaires canadiens et américains.

« Mais il me semble que le gouvernement Harper pourrait envoyer un message de confiance à l’industrie et aux travailleurs en s’engageant à les soutenir », a ajouté Henri Massé.

Des mesures d’aide aux travailleurs

« Du côté de Québec, nous demandons au gouvernement et au ministre Corbeil de ne pas céder au lobby de certaines entreprise qui voudraient s’approprier d’un contrat d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF) et le déménager, même si elles ferment leurs installations sur le territoire visé par le CAAF.

« Enfin nous demandons aux différents paliers de gouvernement de donner suite à nos appels pressants pour la mise en place de mesures d’aide aux travailleurs âgés mis à pied et de programmes de reclassement de la main-d’œuvre », a repris M. Clément L’Heureux, vice-président de la FTQ et vice-président exécutif québécois du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP-FTQ).

Un retour d’ascenseur mérité

« On parle ici d’hommes et de femmes dont les grands-parents et les parents n’ont pas hésité à sacrifier une certaine facilité procurée par le cadre de vie urbain pour s’installer en région, souvent dans le cadre de programmes encouragés par les gouvernements. On leur doit bien un retour d’ascenseur certainement mérité », a conclu M. Massé.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.