« Le gouvernement doit hausser les revenus au lieu de plonger le Québec dans l’austérité. » — Daniel Boyer, président de la FTQ

La FTQ dépose son mémoire à la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise

Photo : Clément Allard

Photo : Clément Allard

Québec, le 28 octobre 2014. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ne peut que s’opposer aux orientations prises par le gouvernement du Québec et sa Commission d’examen sur la fiscalité québécoise. Coupes, augmentation des tarifs et hausse des taxes à la consommation, voilà ce que l’on propose pour équilibrer les finances publiques. « Il faut dresser les constats qui s’imposent et avoir un peu de vision. D’emblée, on écarte la possibilité d’aller chercher de nouveaux revenus. N’oublions pas que les taxes et les impôts servent à financer des services publics dont la population a besoin. Au Québec, la fiscalité est le gage de notre qualité de vie », a déclaré le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Revoir la fiscalité des entreprises

Au cours des dernières années, le gouvernement québécois a considérablement réduit les taxes et les impôts des entreprises. « Au lieu d’investir dans l’économie et de créer des emplois, les grandes entreprises ont choisi d’engranger leurs profits. Au Canada, ce sont plus de 630 milliards de dollars qui dorment dans les coffres. Ce n’est pas normal que 32 % des grandes entreprises au Québec, soit 1825, n’aient pas payé 1 cent d’impôts sur les revenus en 2009. Pour que le régime fiscal soit plus juste, la FTQ propose d’instaurer un impôt minimum et de revoir l’ensemble des mesures fiscales aux entreprises. Les crédits d’impôt aux entreprises devraient être conditionnels au maintien et à la création d’emplois », de poursuivre Daniel Boyer.

Consultez le mémoire de la FTQ.

Faire payer les mieux nantis

Le régime fiscal comporte une multitude d’avantages pour les plus riches. « Pouvez-vous m’expliquer pourquoi les revenus de travail sont imposés à 100 % alors que les gains de capital et les revenus de dividendes, qui profitent surtout aux plus riches, sont imposés différemment? Le gouvernement doit mettre fin à ces traitements préférentiels et imposer les revenus de la même façon, peu importe leur provenance », a réclamé Daniel Boyer. La FTQ croit également que l’impôt sur le revenu pourrait encore être plus progressif afin de tenir compte de la capacité de payer des contribuables.

L’austérité : la pire des décisions

Avec la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise, le Québec choisit la voie de l’austérité. Pourtant, de plus en plus d’économistes et d’institutions comme le FMI et l’OCDE constatent que les politiques d’austérité ont été un échec. « En plus de créer des milliers de chômeurs, cette vision à court terme ampute les revenus fiscaux des gouvernements. Plus il y a de chômeurs, moins il y a de recettes dans les coffres de l’État et moins les gens consomment. C’est le chien qui se mord la queue!», a déclaré le président de la FTQ.

Afin de rendre le régime fiscal plus équitable, la FTQ propose entre autres de :

  • Reporter l’atteinte de l’équilibre budgétaire;
  • Suspendre les versements au Fonds des générations;
  • Instaurer un impôt minimum pour les grandes entreprises;
  • Imposer à 100 % les gains en capital;
  • Abolir le crédit d’impôt pour dividendes;
  • Instaurer une taxe sur le capital financier non productif;
  • Lutter contre l’évasion fiscale;
  • Rejeter toute hausse de tarification;
  • Mettre en place de nouveaux paliers pour l’impôt sur le revenu des particuliers;
  • Maintenir les crédits d’impôt pour les fonds de travailleurs.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.