« Le gouvernement doit donner un sérieux coup de barre dans le dossier de l'équité salariale » - Henri Massé, président de la FTQ

Québec, mardi 27 novembre 2001 - « Ce n’est pas normal que le 27 novembre 2001, six jours après la date butoir pour la mise en application des programmes d’équité salariale et quatre ans après la promulgation de la loi, nous devions encore nous battre pour être entendus par une Commission sur l’équité salariale qui a abordé son mandat sur un mode très légaliste et, disons-le, très pro-patronal.

« Le gouvernement doit poser un geste significatif pour redonner confiance aux milliers de femmes qui attendent toujours que justice soit rendue et surtout pour permettre que leurs voix soient entendues de plein droit. Et la nature de ce geste, nos délégués l’ont clairement défini par un vote sans équivoque hier », a déclaré M. Henri Massé, président de la FTQ, à l’occasion d’une manifestation devant l’Assemblée nationale ce midi.

Une résolution unanime

C’est à l’unanimité que les quelque 1500 congressistes de la FTQ réunis à Québec ont adopté une résolution réclamant du gouvernement du Québec qu’il change la présidente de la Commission d’équité salariale.

Une Commission complaisante pour les employeurs

Les congressistes ont fait valoir que plus de 150 entreprises se sont prévalues du Chapitre IX de la loi sur l’équité salariale et que, dans 88 % des cas, les programmes de relativité salariale ou d’équité salariale soumis par les employeurs ont été acceptés par la Commission de l’équité salariale comme étant conformes à la loi.

Une crédibilité au point zéro

« Malgré que nos syndicats affiliés aient soumis des commentaires illustrant à quel point les programmes soumis par les employeurs ne pouvaient prétendre constituer de véritables programmes d’équité salariale, la Commission n’a aucunement tenu compte de ces commentaires.

« Pire, la Commission n’a effectué aucune vérification auprès de nos affiliés tout en permettant aux employeurs de modifier leurs rapports suite à des commentaires et à un pré-avis de la Commission. La crédibilité de cette Commission dans sa composition actuelle est au point zéro chez nos membres », a ajouté le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy.

Au nombre des attendus de la proposition adoptée au congrès, on peut lire, notamment, que « (…) la Commission n’a jamais établi de critères véritables sur lesquels elle prenait sa décision d’accepter ou de refuser les rapports (patronaux) ».

La lutte pour l’équité salariale ne s’est pas arrêtée au 21 novembre !

Les vice-présidentes de la FTQ, Suzanne Amiot, Nicole Bluteau et Johanne Vaillancourt sont intervenues pour rappeler haut et fort que la lutte pour l’équité salariale ne s’arrêtait pas au 21 novembre, surtout à la lumière du bilan plutôt maigre et partial des travaux de la Commission.

La FTQ, la plus importante centrale syndicale québécoise, compte plus d’un demi million de membres dont plus du tiers sont des femmes.