« Le gouvernement conservateur doit sortir de sa torpeur de toute urgence » - Gilles Duceppe et Henri Massé

Crise dans le secteur manufacturier québécois

Le président de la FTQ Henri Massé, le chef du Bloc Québécois Gilles Duceppe, le député du Bloc Paul Crête, et des travailleurs du SCEP, Québec Unis-Unite Here et des Métallos en conférence de presse à Ottawa

Le président de la FTQ Henri Massé, le chef du Bloc Québécois Gilles Duceppe, le député du Bloc Paul Crête, et des travailleurs du SCEP, Québec Unis-Unite Here et des Métallos en conférence de presse à Ottawa

Ottawa, le mardi 27 février 2007 – Le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, et le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Henri Massé, ont uni leur voix aujourd’hui afin de dénoncer le laisser-faire du gouvernement Harper face à la crise qui frappe le secteur manufacturier. Cette politique de l’inaction, ont-ils précisé, a eu un impact majeur sur les travailleurs et les entreprises du secteur manufacturier.

« Depuis quatre ans, ce sont 100 000 emplois qui ont été perdus dans les manufactures du Québec, dont 35 000 pertes d’emploi uniquement depuis l’arrivée au pouvoir des conservateurs. La prétendue stratégie de l’actuel gouvernement conservateur, axée uniquement sur les baisses d’impôt, s’est avérée un échec sur toute la ligne. Baisser les impôts pour des entreprises qui ne font pas de profit ça ne donne absolument rien », a lancé le chef du Bloc Québécois.

« La FTQ est très bien placée pour évaluer la situation et nous insistons sur l’urgence pour le gouvernement fédéral d’intervenir directement avec des mesures musclées pour stopper la débandade actuelle dans le secteur manufacturier. Ces mesures peuvent prendre différentes formes et être attachées à des exigences, par exemple, de renouvellement des équipements, du parc technologique ou de la machinerie. Il faut absolument transformer rapidement notre secteur industriel vieillissant en un secteur productif et compétitif, c’est-à-dire à la fine pointe. Le temps n’est plus à de nouvelles études sur la question. Il faut agir. Ça presse », a enchaîné Henri Massé.

Gilles Duceppe et Henri Massé étaient accompagnés à cette occasion du porte-parole du Bloc Québécois en matière d’Industrie et député de Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup, Paul Crête, ainsi que de travailleurs touchés par la crise dans le secteur manufacturier.

Des propositions constructives

Gilles Duceppe et Henri Massé exhortent le gouvernement conservateur d’adopter rapidement les recommandations du Comité permanent de l’industrie qui a produit un rapport unanime pour venir en aide au secteur manufacturier. « Le Comité permanent de l’industrie met très précisément le doigt sur le problème lorsqu’il réclame une stratégie industrielle qui soit proactive. Ce rapport, c’est un appel au gouvernement afin qu’il secoue sa torpeur », a repris Gilles Duceppe.

« Le rapport du Comité permanent de l’industrie constitue un pas dans la bonne direction et une bonne fondation sur laquelle la Chambre des communes doit miser. Le gouvernement doit impérativement l’entériner », a ajouté Henri Massé.

Le porte-parole du Bloc Québécois en matière d’Industrie, Paul Crête, a pour sa part rappelé que ce rapport propose entre autres mesures des amortissements accélérés pour diminuer le coût des investissements et favoriser la modernisation des usines, une hausse très substantielle du soutien fédéral à la recherche et au développement, des aménagements à la politique et aux lois commerciales visant à offrir une meilleure protection face à la concurrence déloyale ainsi que la mise en place de mesures particulières pour accélérer l’adaptation des secteurs qui sont les plus touchés.

« Le rapport du Comité de l’Industrie vient mettre en relief les graves lacunes de la stratégie gouvernementale. Par exemple, il est inconcevable que les entreprises manufacturières n’aient pas accès à l’amortissement accéléré pour un matériel de production alors que les pétrolières, qui retirent pourtant des profits faramineux, y ont droit pour l’exploitation des sables bitumineux de l’Ouest. Or, les manufactures québécoises ont grand besoin d’un tel coup de pouce afin de se lancer dans des travaux de modernisation qui leur permettront de demeurer pleinement compétitifs face à la concurrence planétaire », a-t-il conclu.

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