Le Front commun obtient ses mandats de grève

M. Henri Massé, président de la FTQ, s'adresse à la foule lors de la manifestation de samedi dernier. <br> <br>©Photo André Pépé Périard

M. Henri Massé, président de la FTQ, s'adresse à la foule lors de la manifestation de samedi dernier.

©Photo André Pépé Périard

Les membres du Front commun CSN-FTQ ont donné un mandat de grève à leurs organisations à être exercé à partir du 10 novembre. C’est un résultat révélateur du degré de détermination et d’indignation des salarié-es de l’État devant l’immobilisme du gouvernement Charest: plus de 80 % des assemblées syndicales qui se sont prononcées à ce jour ont voté pour la grève !

«C’est un résultat historique, soutient Claudette Carbonneau, présidente de la CSN. Nous n’avons pas obtenu un tel mandat de grève en Front commun CSN-FTQ depuis 1979. Depuis 25 ans! Les salariés de l’État ne demandent pas la lune, ils demandent le respect!»

Quant à Henri Massé, président de la FTQ, il n’hésite pas à qualifier ce «Front commun d’un des plus solides depuis très longtemps». De plus, il ajoute «qu’il est important que le gouvernement comprenne que les salariés de l’État sont trop pauvres pour accepter le gel de leur salaire pour les deux premières années de leur convention.

Le Front commun demande au gouvernement d’accélérer le rythme des négociations. Les conventions collectives sont échues depuis juin 2003. La CSN et la FTQ estiment que les parties ont encore du temps pour conclure un accord.

Aujourd’hui, lors d’un rassemblement haut en couleurs à Montréal, les dirigeants syndicaux ont annoncé le résultat d’un processus démocratique. Depuis le dépôt d’une contre-proposition du Front commun le 23 septembre dernier, des dizaines de milliers de membres CSN et FTQ ont tenu des assemblées dans leur milieu de travail respectif. Ce processus n’est pas terminé mais on peut, d’ores et déjà, annoncer que toutes les organisations syndicales ont obtenu leur majorité. A cause des modifications imposées par la loi 30, il reste à une centaine de syndicats à tenir leur assemblée ; elles se dérouleront au cours des prochains jours.

Daniel Boyer et Louis Roy, respectivement responsables de la négociation à la FTQ et à la CSN, se sont aussi adressés aux manifestants soulignant, tour à tour, l’importance de la mobilisation des membres pour défendre des conditions de travail décentes et des services publics de qualité. Les 200 000 membres du Front commun exerceront un mandat de 4 jours de grève rotatives
partout au Québec à compter du 10 novembre.

Rappelons que le gouvernement « offre » des hausses salariales de 8 % sur six ans et neuf mois dont un gel des salaires pour les deux premières années (2004 et 2005). Notre contre-proposition, qui comportait une baisse de nos demandes salariales de 800 millions de dollars, est de 13,5 % pour la durée de la convention, soit 5 ans et demi ainsi qu’une clause de protection du pouvoir d’achat.

Le Front commun est le plus important groupe de travailleuses et de travailleurs du secteur public. Il est présent dans la santé, les services sociaux, les organismes gouvernementaux, parmi le personnel de soutien des écoles et des cégeps et parmi les enseignantes et les enseignants de cégep.