Le Foyer de jeunes travailleurs et travailleuses de Montréal - Une expérience unique pour apprendre à organiser sa vie avec le travail

Annie, 19 ans, est au Foyer depuis 8 mois pour terminer ses études plus tranquille. «Ça n’a pas marché avec mes colocs. Je voulais avoir moins de stress pour me concentrer sur mes études dans un métier de la construction.»

Annie, 19 ans, est au Foyer depuis 8 mois pour terminer ses études plus tranquille. «Ça n’a pas marché avec mes colocs. Je voulais avoir moins de stress pour me concentrer sur mes études dans un métier de la construction.»

Inspiré d’une expérience française, le Foyer de jeunes travailleurs et travailleuses de Montréal est unique en son genre au Québec. Il offre à des jeunes la possibilité de se prendre en main pour mieux s’adapter au monde du travail.

Sa directrice générale, Jeannine Rouja, parle d’un moyen pour les jeunes qui sont en situation précaire de «s’habituer à organiser sa vie. Les jeunes viennent ici de façon volontaire, pour se stabiliser au niveau personnel et professionnel.» Bien souvent, ils évitent ainsi d’aboutir dans la rue, désoeuvrés, pauvres et sans abri.

Lu sur un mur du Foyer :
«Il ne faut pas juste rêver, il faut aussi agir… travailler fort pour finir le casse-tête de notre vie.»


Pour y être accueilli, chaque jeune doit arriver avec un projet de formation ou d’intégration en milieu de travail. Mme Rouja insiste : «Nous ne sommes pas une maison d’hébergement mais d’animation. C’est un tremplin vers l’autonomie». Certains sortent de désintoxication, d’autres ont eu des problèmes avec la justice mais la plupart sont des jeunes de l’extérieur de la région métropolitaine qui débarquent en ville pour finir leurs études, trouver un emploi ou apprendre à gérer un budget.

Garçons et filles, ils ont entre 16 et 25 ans, doivent avoir un revenu minimum de 500 $ par mois – leur loyer leur coûte 255 $ – et accepter un encadrement psychosocial. «Nous croyons à l’activité travail comme moyen de s’épanouir et nous aidons nos jeunes à se stabiliser en les mettant sur la piste des nombreux emplois qui vont s’offrir dans les prochaines années.»

Environ 30 % de la clientèle du Foyer de jeunes travailleurs et travailleuses de Montréal vient des centres jeunesse. Un autre 30 % provient des minorités visibles aux prises avec la discrimination dans la recherche d’emploi et de logement.

Un coup de pouce
Cette approche plaît à la FTQ et au Fonds de solidarité qui offrent leur appui technique et financier au Foyer. Depuis trois ans, le conseiller au dossier Jeunes, Jacques Théoret, siège au conseil d’administration de l’organisme. Il a notamment permis à la direction du Foyer de mieux comprendre l’appareil gouvernemental et d’obtenir l’appui financier du Fonds Jeunesse créé au lendemain du Sommet du Québec et de la Jeunesse, en février 2000.

L’organisme sans but lucratif est constamment en mode «survie» pour assurer à la trentaine de jeunes qu’il reçoit – pour une période variant de six mois à deux ans – un minimum de services de qualité. Une équipe d’une dizaine de personnes tient la barque à flot, principalement des psycho-éducateurs, récréologues, intervenants en toxicomanie mais aussi deux veilleuses de nuit «pour assurer une présence à ceux et celles qui souffrent d’insomnie ou qui se sentent seuls».

Selon madame Rouja, plus un jeune prend le temps d’installer ses critères de vie, plus son avenir sera stable. L’expérience du Foyer sert donc aussi à établir des valeurs comme le respect, la convivialité et le partage au quotidien. «Certains ont déjà été dans la rue ou sont à risque de s’y retrouver. Il faut donc reconstruire avec eux des habitudes de vie en mini-société.»

Les projets ne manquent pas mais il faut avant tout assurer l’argent des salaires si l’on veut réussir à supporter et à aider plus de jeunes à bien s’installer dans la vie adulte active.

Philippe, 21 ans, profite des services du Foyer depuis un an. Il a connu certaines difficultés à terminer ses études en informatique et cherche maintenant un travail stable. «Quand tu sors des études et que t’arrives dans un premier emploi à temps plein, c’est un choc. J’ai abandonné et présentement je suis dans une entreprise d’insertion pour m’aider.»