« Le coup de force de Bombardier contre ses employés de cafétérias ne passera pas comme lettre à la poste » - Henri Massé, président de la FTQ

Montréal, le 5 septembre 2003 – « La FTQ et ses syndicats affiliés se sont battus depuis des dizaines d’années pour que la sous-traitance ne soit pas synonyme de nivellement par le bas des conditions de travail, de dégradation de l’environnement de travail et des conditions de vie des travailleurs et des travailleuses.

« Nous combattrons donc avec toute la vigueur nécessaire le coup de force que Bombardier Aéronautique tente d’imposer à ses employés de cafétérias par la vente de ces activités à la firme américaine Aramark de Cincinnati », a déclaré ce matin le président de la FTQ, M. Henri Massé.

Dégradation inacceptable des conditions de travail

Rappelons que Bombardier a donné en sous-traitance ses activités de cafétéria en décembre 2002 à la firme Aramark, faisant passer le salaire des travailleurs et travailleuses de 19,25 dollars de l’heure à 7,75 dollars de l’heure. Le tribunal du travail statuait, en juin 2003, que les conditions de travail antérieures à la vente devaient suivre chez le sous-traitant.

« En imposant un lock-out d’une journée, le 11 juillet dernier, le sous-traitant arrêtait l’horloge pour ne pas avoir à rémunérer les employés conformément à la décision du tribunal et forçait les employés des cafétérias, dont certains avaient plus de 25 années d’ancienneté qu’ils ont perdue au moment de la transaction, à prendre 3 semaines de vacances sans aucune rémunération.

« Cette attitude à l’égard d’hommes et de femmes qui ont contribué à l’essor de Bombardier est carrément dégueulasse et la grève, déclenchée le 14 août était inévitable », a soutenu pour sa part M. Michel Lauzon, président de la section locale 712 du Syndicat des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (FTQ).

Une brèche à colmater

« Nous prenons cette situation très au sérieux parce que si on laisse une entreprise de l’importance de Bombardier fouler au pied les conditions de travail en se départissant de certains secteurs d’activités sans respecter le filet de protection que constitue l’article 45 du Code du travail, c’est une brèche importante qui s’ouvre pour d’autres employeurs.

« Le danger est d’autant plus présent avec les déclarations de responsables politiques et d’administrations publiques qui réclament, de concert avec certains employeurs, l’abolition ou la dilution des dispositions du Code du travail qui préviennent les changements arbitraires des conditions de travail en cas de cession totale ou partielle, qu’il s’agisse d’une municipalité ou d’une entreprise privée », a repris le président de la FTQ.

Un mythe à déboulonner

« Il est grand temps de déboulonner le mythe qui veut qu’avec les dispositions qu’on s’est données pour protéger les conditions de travail dans les cas de sous-traitance, ça nuit à la compétitivité des entreprises et ça freine le recours à la sous-traitance.

« Le Québec est l’un des endroits au Canada où il se donne le plus de travail en sous-traitance, malgré l’absence dans la plupart des autres provinces de dispositions identiques à celles de l’article 45 du Code du travail québécois.

« C’est la preuve que de civiliser les conditions de travail chez les sous-traitants n’empêche aucunement les entreprises de sous-traiter, au contraire », a indiqué M. Massé.

La rentabilité, oui, mais pas à nos dépens!

« M .Paul Tellier s’est présenté chez Bombardier comme le sauveur de l’entreprise avec une généreuse augmentation de salaire, un chauffeur privé et une profession de foi inébranlable pour les actionnaires et leurs dividendes.

« Nous ne pourrons qu’applaudir s’il livre la marchandise et qu’il remet l’entreprise sur la voie de la rentabilité mais nous ne le laisserons certainement pas mener cette croisade au détriment des conditions de travail de nos membres », a averti Michel Lauzon.

Les conditions de travail ne sont pas des marchandises

« Les cafétérias, c’est le pied dans la porte des impartitions sauvages. Les conditions de travail et en conséquence les conditions de vie d’hommes, de femmes, de soutiens de famille ne sont pas des marchandises dont on peut se départir sur un simple claquement de doigts.

« Cette bataille, nous allons la livrer avec les machinistes pour leurs membres, mais aussi pour tous les membres que nous représentons à la FTQ », a conclu Henri Massé.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, compte plus d’un demi-million de membres.