Le choix des gestionnaires

La politique de placement constitue une base par laquelle les membres du comité de retraite veulent doter la caisse de rendements suffisants pour faire face à toutes ses obligations. Il faut cependant comprendre qu’une politique de placement n’a d’utilité que si elle est appliquée avec professionnalisme. À ce titre, il faut éviter les gestionnaires qui affirment qu’ils peuvent garantir des rendements à faire pâlir la très grande majorité de leurs confrères. Nous ne devons pas ajouter notre propre crédulité à leur vantardise.

De plus, le choix d’un gestionnaire n’est pas une question de mode. Il faut développer une perspective de moyen et de long terme. On n’engage pas un gestionnaire sur les résultats qu’il a obtenu au cours de la dernière année et on ne change pas un gestionnaire parce que ses résultats n’ont pas été bons pour l’année qui se termine. Le choix du gestionnaire et son remplacement doivent être basés sur sa capacité de produire les rendements espérés à long terme. Il est notamment choisi en fonction de sa connaissance d’un marché financier donné (actions, obligations, etc).

De façon générale, on peut dire que les rendements passés constituent un des critères généralement utilisés pour évaluer un gestionnaire. Il est vrai que les rendements passés ne sont pas toujours garants des rendements futurs. Mais les rendements passés constituent tout de même une bonne indication de la capacité du gestionnaire d’analyser et de tirer partie de la situation économique.

Il faut aussi analyser la provenance des rendements d’un gestionnaire en particulier. Par exemple, celui-ci peut avoir obtenu de meilleurs rendements par la concentration du portefeuille sur quelques titres qui ont eu la chance de bien performer. Cependant, les membres du comité peuvent ne pas être à l’aise avec le degré de risque associé avec un tel style de gestion. Le style de gestion doit donc être conforme aux objectifs de la politique de placement.

En plus du suivi de la politique de placement et des rendements de la caisse de retraite, le comité de retraite se doit aussi d’évaluer régulièrement les performances de leur(s) gestionnaire(s). Les membres du comité de retraite peuvent se demander si les performances de leur(s) gestionnaire(s) sont comparables à celles d’autres gestionnaires avec lesquels ils auraient pu faire affaires. Il ne s’agit pas ici de vérifier si le gestionnaire a obtenu un rendement précis année après année. Il s’agit plutôt d’établir comment ce gestionnaire se compare aux autres gestionnaires ayant des portefeuilles équivalents à l’indice de référence.

Certaines firmes se sont spécialisées dans l’évaluation des performances des gestionnaires de caisses de retraite. La forme que prennent ces évaluations est souvent une classification de la performance d’un nombre donné de caisses de retraite. Il faut encore une fois rappeler qu’en plus des résultats bruts et relatifs du gestionnaire, il faut examiner ces résultats en fonction des objectifs et des directives de la politique de placement. En effet, le gestionnaire ne peut obtenir des rendements sans respecter les limites accordées par la politique de placement.