Le chantier de la Caisse de dépôt bloqué par les travailleurs et travailleuses en grève de Vidéotron

Montréal, le 13 septembre 2002 – Quelques centaines de travailleurs et travailleuses de Vidéotron, en grève depuis mai dernier, ont érigé des lignes de piquetage devant les accès au chantier de construction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, dès 6 h ce matin. Ce chantier est adjacent à celui du Palais des Congrès, sur la rue Viger.

« Le choix de ce site est tout sauf symbolique. La Caisse de dépôt, par son silence dans le dossier Vidéotron, se fait directement complice d’un employeur, Quebecor, qui veut sabrer dans les conditions de travail des employés de Vidéotron, qui a vendu comme du bétail 650 de ses techniciens, sans convention collective ni régimes de retraite ou d’assurance, avec des pertes salariales considérables », a expliqué Yves Lalonde, président syndical à Vidéotron (SCFP-FTQ).

Les travailleurs de la construction ne seront pas complices de la Caisse
« Les travailleurs de Vidéotron ont notre appui et nous dénonçons, comme contributeurs de près de 10 milliards de dollars, l’irresponsabilité de la Caisse de dépôt qui investit une partie de notre épargne collective, 2,4 milliards dans une entreprise qui veut casser un syndicat, démanteler Vidéotron.

« Nous refusons d’être complices de cette opération de démolition, d’autant que l’attitude de Quebecor risque de mener Vidéotron à la faillite, ce qui menace directement nos épargnes », a ajouté pour sa part Jocelyn Dupuis, codirecteur général du Conseil conjoint de la construction (FTQ) qui compte quelque 80 000 membres dans l’industrie.

La FTQ met son poids dans la lutte à Vidéotron
« La FTQ a amorcé une large mobilisation de tous ses affiliés, notamment pour rappeler que Vidéotron, ça nous appartient aussi! C’est en grande partie notre épargne collective qui a financé l’acquisition de Vidéotron par Quebecor, une entreprise qui utilise des scabs, des fiers-à-bras, qui bafoue ses travailleurs. Aucun travailleur syndiqué ne peut tolérer ces pratiques et leur endossement tacite par la Caisse de dépôt », a dénoncé en conclusion Michel Taylor, président du Conseil régional FTQ de Montréal.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.