L’action politique pour défendre notre projet de société

Serge Cadieux et Daniel Boyer

Photo: Isabelle Gareau


Éditorial paru dans le Monde ouvrier, no 117, septembre-octobre 2016


L’automne sera chargé! En novembre prochain se tiendra à Montréal notre 31e Congrès. Cette instance suprême est l’occasion pour les militants et militantes de discuter des enjeux qui nous préoccupent comme syndicalistes et comme citoyens et citoyennes. Dessinons l’avenir ensemble sera le thème de cet évènement exceptionnel. Une occasion de penser le Québec que nous voulons.

Ce sera le moment d’établir des stratégies pour repolitiser notre action syndicale afin de bâtir un rapport de force social permettant de réaliser notre projet de société.

Sur les scènes provinciale et fédérale, la rentrée parlementaire des derniers jours a ramené dans l’actualité plusieurs dossiers chauds que nous suivrons de près. Les enjeux sont de taille et la mobilisation devra être au rendez-vous pour relever les défis auxquels nous faisons face. L’emploi, l’accès à une retraire décente pour tous les Québécois et les Québécoises, les clauses de disparité de traitement qui pénalisent les plus jeunes travailleurs et travailleuses, la lutte pour un salaire minimum à 15$, le libre droit à la négociation, l’avenir de Postes Canada, la réforme du mode de scrutin, la politique énergétique, voilà quelques sujets de la rentrée qui retiendront particulièrement notre attention.

Ces luttes ne s’inscrivent pas dans le cadre de relations de travail traditionnelles, mais plutôt dans le cadre d’une action politique non partisane, mais porteuse de notre projet de société.

La FTQ sera comme d’habitude sur toutes les tribunes pour défendre les intérêts des travailleurs et travailleuses. En plus des commissions parlementaires et des représentations régulières, nous entendons prendre part activement au débat sur l’avenir des régimes de retraite, un cheval de bataille de la FTQ depuis plusieurs années déjà. Nous profiterons aussi du Rendez-vous national sur la main-d’œuvre de février prochain pour revendiquer une véritable politique industrielle. Nous avons d’ailleurs déjà informé le gouvernement de la nécessité absolue d’inclure l’emploi et le développement économique au cœur de cette importante rencontre.

Le programme d’austérité du gouvernement libéral fait mal à l’emploi et a freiné la croissance économique. Les moyens pour atteindre la promesse de 250 000 emplois demeurent pour le moment insuffisants. Nous allons continuer d’intervenir pour exiger un véritable dialogue social. Nous sommes convaincus que c’est par la mise en place de véritables lieux de concertation que nous pourrons trouver des solutions viables pour l’emploi et pour une transition juste pour les travailleurs et travailleuses.

La FTQ sera sur tous les fronts : face aux gouvernements, face aux employeurs, au niveau local, régional, sectoriel, national et international.

C’est aussi en créant des alliances avec d’autres acteurs syndicaux et de la société civile que nous bâtirons la solidarité et le rapport de force essentiels pour atteindre nos objectifs de justice et d’équité, dans les milieux de travail et dans la société.

Les inégalités sociales augmentent, les droits des travailleurs et travailleuses reculent, les systèmes écologiques sont fragilisés, les emplois se précarisent, le fi let social se désagrège, l’économie répond de moins en moins aux besoins humains. C’est à nous d’y voir, de rester mobilisés et de provoquer les changements souhaités.

 

Solidairement,

Daniel Boyer, président
Serge Cadieux, secrétaire général