« La région a connu son lot de fermetures et de mises à pied mais il ne faut pas se laisser abattre » – Henri Massé, président de la FTQ

Trois-Rivières, le 24 octobre 2001 - « Malgré les apparences qui voudraient que ce soit la région de Montréal qui écope le plus des mises à pied massives annoncées par les Air Canada, Bombardier et cie, il ne faut pas oublier que de nombreuses PME en région, y compris à Trois-Rivières et Shawinigan, souffrent également du ralentissement économique actuel. Même si les conséquences sur l’emploi sont moins spectaculaires, elles n’en sont pas moins bien réelles et il faut s’en préoccuper », a déclaré M. Henri Massé, président de la FTQ, à l’occasion de la tournée pré-congrès des dirigeants de la centrale à Trois-Rivières.

Des ex-travailleuses et travailleurs qui se prennent en main
« La région a connu son lot de mises à pied et de fermetures depuis deux ans avec Tripap et Fruit of the Loom, notamment, mais il ne faut pas se laisser abattre. J’en profite d’ailleurs pour souligner la détermination des ex-travailleuses et travailleurs de Tripap et des dirigeants régionaux de la FTQ qui a permis de récupérer des sommes importantes qui leur étaient dues.

« Cette même détermination, avec l’intervention du SCEP, des dirigeants du syndicat local, des dirigeants régionaux et de la FTQ a fait en sorte qu’un projet pilote de 26 semaines soit mis sur pied et donne de l’emploi à 52 travailleurs âgés dans un programme d’emplois d’utilité publique, de pair avec un programme de réinsertion en emploi avec subvention salariale. Il faut aussi mentionner ces bons coups qui peuvent tracer la voie dans d’autres milieux de travail.

« Je veux assurer ceux et celles qui se battent pour la mise en place de programmes d’aide aux travailleurs âgés (PATA) adéquats que la FTQ mettra toutes ses énergies et ses contacts à profit pour faire avancer ce dossier. Nous ne pouvons accepter collectivement que des personnes de 53 ou 56 ans soient mises à pied, à quelques année de la retraite, avec très peu de possibilités de replacement », a ajouté le président de la FTQ.

Le déficit zéro ne doit pas être une religion
« Les différents paliers de gouvernement ont un rôle de leadership à assumer pour soutenir l’emploi en période de ralentissement économique. C’est ce que nous avons rappelé publiquement à la ministre Pauline Marois, vendredi dernier, à l’occasion de sa consultation pré-budgétaire en insistant bien que pour la FTQ, le déficit zéro ne doit pas être une religion », a souligné M. Massé tout en indiquant que la FTQ allait étendre le débat, à l’occasion de son congrès, sur les causes de la conjoncture économique actuelle dans un contexte de mondialisation et sur ses effets quotidiens dans les milieux de travail.

Vers un syndicalisme sans frontières
Le congrès de la plus importante centrale québécoise, comptant plus d’un demi-million de membres, se tiendra du 26 au 30 novembre prochain, à Québec, sous le thème « Vers un syndicalisme sans frontières ». Quelque 1 200 délégués y sont attendus pour débattre notamment des effets de la mondialisation au quotidien, dans leurs milieux de travail, et dégager des pistes de solution concrètes face aux injustices sociales et aux iniquités engendrées par une certaine conception de l’économie qui évacuerait toute idée de justice sociale.

« Nous ne voulons pas démoniser la mondialisation mais, au contraire, nous déployons tous les efforts, notamment dans la suite du Sommet des peuples où plus de 30 000 membres de la FTQ ont manifesté, pour que la société civile fasse partie des discussions sur les accords d’échanges multilatéraux, pour que les syndicats et les organisations progressistes soient inclus dans le processus ». Rappelant que la FTQ a déjà noué des liens solides tant avec l’AFL-CIO qu’avec les autres syndicats des Amériques, d’Afrique, d’Europe et d’Asie, notamment sous le chapeau de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), le président de la FTQ a insisté pour qu’on s’inspire d’expériences comme l’Europe sociale pour définir nos propres modèles.

Équité salariale : le 21 novembre doit être respecté
Autre point chaud dans les milieux de travail au fur et à mesure que la date butoir du 21 novembre approche, le respect par les entreprises des échéanciers pour la mise en place des programmes d’équité salariale préoccupe la FTQ.

« Nous avons réclamé depuis le début plus de transparence et une réelle consultation des syndicats, ce que nous n’avons pas obtenu jusqu’à présent. Le gouvernement s’est engagé à maintenir la date du 21 novembre comme échéance, il doit maintenir le cap sur cette date.

« Nous sommes prêts à nous asseoir avec les entreprises qui, de bonne foi, ont de la difficulté à établir un programme d’équité salariale mais nous ne sommes certainement pas prêts à ce qu’on dilue la loi ou qu’on modifie ses échéanciers », a averti le président de la FTQ.

Outre les débats sur la mondialisation, le prochain congrès de la FTQ traitera notamment des questions de gestion des caisses de retraite, d’investissement éthique et de l’intégration des jeunes dans les milieux de travail, dans les structures syndicales. Un énoncé de politique jeunesse sera d’ailleurs présenté aux délégués pour débat et adoption.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente plus d’un demi-million de membres.