« La refonte du régime forestier québécois ne tient aucun compte des droits des travailleurs » – René Roy, secrétaire général de la FTQ

Refonte du régime forestier : La FTQ et le SCEP concluent à un simulacre de consultation

Montréal, mardi 23 mars 2010 – « Depuis le Sommet sur l’avenir de la forêt québécoise tenu en 2007, il y a un consensus sur le fait que les droits des travailleurs et des travailleuses doivent être protégés et réformés et que fait le gouvernement Charest? Rien. Il n’écoute pas et ne tient pas compte de consensus qui sont pourtant historiques dans l’histoire des relations de travail au Québec », ont déploré le secrétaire général de la FTQ, René Roy et le vice-président pour le Québec du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP-FTQ), Renaud Gagné.

Premières victimes de la crise majeure vécue dans le secteur forestier depuis maintenant cinq ans, les travailleurs deviennent aussi les grands laissés-pour-compte de la refonte du régime forestier québécois adoptée aujourd’hui à l’Assemblée nationale, selon la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et le SCEP.

« Malgré notre participation à l’organisation du Sommet de la forêt de 2007, malgré nos nombreuses interventions auprès des ministres en titre et à l’occasion de commissions parlementaires sur la question et en dépit des assurances données quant à la prise en compte des intérêts des travailleurs dans le projet de loi 57, la législation adoptée aujourd’hui bafoue leurs droits et ne garantit même pas, minimalement, les accréditations existantes », ont fait valoir les dirigeants syndicaux.

Dès le dépôt du projet de loi et lors des étapes subséquentes, le SCEP et la FTQ ont été clairs : « Il n’est pas question pour nous d’appuyer un projet de loi qui ne traite pas des droits syndicaux. C’est pas compliqué, c’est 25 % et plus de tout le travail fait en forêt qui va être désyndiqué en raison de cette refonte ».

« On a pourtant mis de l’eau dans notre vin en acceptant certains des nouveaux concepts qui étaient chers aux partenaires en échange de garantie pour la protection des droits des travailleurs. On a ainsi obtenu un consensus comme nous l’avait demandé le ministre de l’époque Claude Béchard. Et celui-ci nous avait dit qu’il réglerait le problème.

« Aujourd’hui, deux ministres plus tard et après que cinq ministres se soient mêlés du dossier, voilà que seules les demandes des employeurs forestiers ont été retenues par le gouvernement libéral. Exit les droits des travailleurs et des travailleuses. Ça n’a aucun bon sens », a indiqué Renaud Gagné.

Les dirigeants syndicaux ont consacré énormément d’heures en sous-comité de toutes sortes dans l’espoir de faire entendre raison au gouvernement et force est de constater que tout ce travail a été fait en vain.

Le SCEP et la FTQ rappellent que cette refonte modifiera profondément les modes d’exploitation et l’organisation du travail en forêt et en usine de transformation. Qu’adviendra-t-il des territoires où les 25 % de la forêt seront dorénavant mis aux enchères? Que se passera-t-il avec les accréditations syndicales? Et c’est le même problème avec les forêts de proximité.

C’est une attaque contre le droit à la syndicalisation car des centaines voire des milliers de travailleurs risquent de perdre leur accréditation syndicale en raison des nouveaux modes de gestion de la forêt.

« Nous continuerons à nous battre pour faire respecter les droits de ces travailleurs tout en questionnant l’appui donné par le Parti Québécois à un tel projet de loi », ont conclu René Roy et Renaud Gagné.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.

– 30 –