La parole en action au SCFP

La journaliste Stéphanie Gagnon et Renato Carlone, président du Syndicat des chauffeurs d’autobus, opérateurs de métro et employés des services connexes au transport de la STM (SCFP-1983).

La journaliste Stéphanie Gagnon et Renato Carlone, président du Syndicat des chauffeurs d’autobus, opérateurs de métro et employés des services connexes au transport de la STM (SCFP-1983). Photo: SCFP

Lors de son congrès de 2011 sur le thème Présents sur toutes les tribunes, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a décidé de prendre un virage plus musclé en matière de communication.

Depuis, le SCFP maximise sa présence sur le Web via son site Internet, Facebook et Twitter. Fiers de l’expérience acquise lors du lockout du Journal de Québec, conflit lors duquel le SCFP a innové en matière de communication en créant le journal MédiaMatinQuébec, les dirigeants du SCFP ont voulu aller plus loin pour investir de nouveaux secteurs et ainsi mieux rejoindre les membres et
la population.

Ils se sont tournés cette fois vers le milieu radiophonique en s’associant à deux chaînes de radio progressistes : CIBL à Montréal et CKIA à Québec. Le SCFP y tient deux émissions de radio : une depuis un an et demi dans la métropole et l’autre depuis bientôt six mois dans la capitale.

À Montréal, l’émission intitulée D’un côté… mais de l’autre est animée par la journaliste Stéphanie Gagnon tandis qu’à Québec, les confrères Denis Bolduc et Serge Morin, respectivement secrétaire général et directeur adjoint du SCFP-Québec, coaniment l’émission D’un autre angle en compagnie de Julien Bilodeau, journaliste à la retraite de Radio-Canada.

Pour Denis Bolduc: «Coanimer une émission exige de la préparation. Il faut faire la recherche, trouver les invités, etc. Cependant, c’est très utile pour rejoindre le grand public et discuter d’une multitude de sujets qui préoccupent les syndicats».

Selon Serge Morin, ces émissions, collées sur l’actualité, arrivent à point nommé dans le marché radiophonique de Québec. «La radio de Québec est assez unidimensionnelle et exprime uniquement des positions conservatrices.

Il fallait trouver un moyen pour faire passer nos idées auprès de cet auditoire. Nous sommes conscients que notre portée est limitée, mais nous offrons au moins un contenu différent, accessible pour tout le monde.»

Cette initiative permet aussi aux membres et aux conseillers du SCFP de venir s’exprimer sur des questions qui les concernent, et ainsi prendre de l’expérience en communication radiophonique. Ces émissions sont d’ailleurs ouvertes à tous les syndicats affiliés de la FTQ qui souhaitent venir s’exprimer sur un sujet d’actualité.

La radio, avenir des luttes syndicales?

Selon Denis Bolduc et Serge Morin, bien que les luttes syndicales passeront toujours d’abord par la négociation et la mobilisation, nous nous devons de nous armer face à des médias qui relaient des messages et des positions de plus en plus antisyndicales. «La communication c’est le nerf de la guerre. Il faut rejoindre l’opinion publique, pas seulement
dans une publicité de 30 secondes, mais également dans un espace où toutes sortes d’enjeux progressistes sont abordés sous un angle qui met en évidence la grande utilité des syndicats pour
la société en général», de conclure Denis Bolduc et Serge Morin.

Pour suivre les émissions

À Montréal, sur la chaîne CIBL 101,5 FM, le troisième mardi du mois à 14 h (prochaines émissions les 17 mai et 21 juin). À Québec, sur la chaîne CKIA 88,3 FM, tous les vendredis à 11 h.

Sur Internet :

Texte paru dans le Monde ouvrier, no 115, février-mars-avril 2016, page 2