« La maison brûle et on jase de la couleur des murs » - Henri Massé, président de la FTQ

Rien pour empêcher la débandade du secteur manufacturier

Le président de la FTQ Henri Massé

Le président de la FTQ Henri Massé

Québec, mardi 20 février 2007 – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) accueille sans grande surprise le budget déposé aujourd’hui par le gouvernement Charest et voit dans le discours du budget un bilan plutôt rose, à saveur fortement électoraliste, des quatre dernières années de règne libéral.

Alors même qu’on connaît au Québec le plus bas taux d’investissements privés depuis les dix dernières années et que des dizaines de milliers de travailleurs perdent ou sont en voie de perdre leur emploi, les pâles mesures annoncées aujourd’hui ne permettront pas de renverser la tendance.

« Ainsi, à la majoration sans discernement de 5 % à 10 % du taux de crédit de taxe sur le capital et sa prolongation jusqu’au 31 décembre 2012 pour favoriser les nouveaux investissements dans le matériel de production et de transformation, nous aurions préféré une mesure ciblée (les pétrolières, avec leurs profits faramineux, n’ont certes pas besoin de cette mesure) et beaucoup plus costaude pour les secteurs les plus fragiles et en difficulté », a déclaré le président de la FTQ, Henri Massé, à la sortie du huis clos budgétaire.

La FTQ demandait avec force la tenue d’un sommet de tous les acteurs du secteur manufacturier, entre autres pour influencer les mesures budgétaires. La pauvreté de ce budget renforce d’autant notre détermination à revendiquer un tel sommet. Cela permettrait de dégager des avenues de solution et une vision intégrée du développement dans le cadre d’une stratégie d’ensemble de soutien au secteur manufacturier et à ses travailleurs.

Sans véritables mesures pour relancer l’économie, sans développement d’emplois bien rémunérés permettant des rentrées fiscales, on se dirige vers un mur pour les prochaines échéances budgétaires.

Prévoyant une impasse budgétaire de un milliard de dollars dès 2008-2009, on peut s’interroger sur l’à-propos d’une annonce en ce moment de baisses d’impôts. Il faudra tôt ou tard combler le manque à gagner et ce sont encore une fois la population et les travailleurs qui en feront les frais en terme de coupures dans les services publics.

Ce budget aux allures de chapelet de petites mesures à saveur électorale aura l’heur de plaire à plusieurs de par son saupoudrage, mais nous sommes sûrs d’une chose, il ne s’attaque pas aux véritables défis du Québec d’aujourd’hui.

La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de membres.
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